Liège De jeunes militants occupent un immeuble abandonné quai Saint-Léonard…

"Centre social autogéré"… tel est le nom revendiqué, autoproclamé, de ce squat organisé depuis près de deux mois maintenant, par une trentaine de jeunes citoyens (idéalistes ?), dans le quartier Saint-Léonard. Aux numéros 62 et 64, sur le quai éponyme, il y avait de l’effervescence ce mardi matin… et pour cause, ce collectif de militants liégeois, qui a pour but de construire "un centre social autogéré dans un lieu réapproprié", avait annoncé que leur expulsion était imminente (prévue ce mardi), le propriétaire ayant décidé de faire valoir ses droits.

Ce mardi pourtant, aucune expulsion… il ne devrait d’ailleurs pas en être question avant une bonne semaine. Comme nous l’ont confirmé les autorités ce mercredi, aucune requête n’a en effet été émise auprès du commissariat de Saint-Léonard. Or, en cas d’expulsion, un huissier mandaté doit obligatoirement être escorté par des policiers du commissariat le plus proche… en respectant un délai de 5 jours après la requête.

Reste bien sûr à savoir combien de temps cette situation perdurera… Car à Liège, le collectif réuni sous la bannière Entre-Murs Entre-Mondes, symbole "d’autonomie et de révolte" divise. D’un côté, il y a une certaine gauche qui voit dans cette occupation une réponse à tout ce que le capitalisme a de "mauvais" dont la spéculation immobilière à outrance et ses dérives. Et puis de l’autre, il y a la loi, l’interdiction de squatter un bien en consommant eau et électricité gratuitement.

Deux mondes en effet… deux visions du monde du moins. Et à ce petit jeu-là, pas sûr que l’idéal des squatteurs rencontre une oreille attentive du côté du propriétaire et des autorités. Car si le collectif dit vouloir "créer, à travers les valeurs du commun, de l’entraide, de la solidarité ou encore de l’autonomie, un espace de vie, d’échange et d’émancipation"… la gratuité n’est pas encore une pratique (monnaie) courante dans les relations immobilières. Loin s’en faut.

La Ville de Liège a, de son côté, tenté de jouer un rôle de médiateur… en vain à ce stade des discussions.

Un bail précaire

Ils sont donc nombreux à soutenir ce squat qui revendique une autre manière de vivre ensemble… notamment car la problématique du logement, de son coût, émerge dans ce dossier. Ainsi, à côté des soutiens du PTB ou de Vert Ardent, c’est François Schreuer, conseiller Vega à Liège, qui pose la question : “la Ville empêchera-t-elle la démolition de l’immeuble du quai Saint-Léonard ?”. Ce collectif, “qui a multiplié les activités sociales et culturelles au cours des deux derniers mois, avec le soutien de bon nombre d’habitants du quartier”, mérite l’attention de la Ville estime l’élu Vega qui propose que la Ville de Liège promeuve, “à l’instar de beaucoup de grandes villes européennes, de façon structurelle l’usage temporaire des immeubles inoccupés pour des activités utiles à la collectivité — et peut-être organise un cadre réglementaire favorisant ce type d’usage”. Comme des baux précaires.