Paul Magnette ; président du Parti Socialiste, Georges-Louis Bouchez ; président du MR et Rajae Maouane ; coprésidente d’Ecolo en ont pris pour leur grade ce vendredi à Liège… Sur un ton humoristique, mais déterminée à faire entendre ses revendications, la CSC Liège-Verviers-Ostbelgien a organisé un rassemblement pour crier haut et fort son mécontentement suite à l’échec des négociations sur l’accord interprofessionnel (AIP).

Une action qui s’est inscrite dans le cadre de la manifestation nationale visant à réclamer la suppression de la loi sur la norme salariale, dite loi de 96.

Plus tôt dans la matinée, des militants CSC sont allés interpeller deux parlementaires, Malik Ben Achour à Verviers et Kattrin Jadin à Eupen.

Et les dividendes ?

Sur l’espace Tivoli, on dénombrait plusieurs dizaines de militants et affiliés de la CSC. À l’issue des traditionnels discours, la CSC a servi à son assemblée une joyeuse mise en scène épinglant la responsabilité des partis francophones de la majorité fédérale dans ce combat en faveur de salaires décents.

C’est ainsi que Paul Magnette, vu comme ayant fort difficile à passer de la parole aux actes, s’est vu décerner le prix de l’hypocrisie. Georges-Louis Bouchez (MR), à qui les syndicats reprochent d’être trop proche des patrons et de mal considérer les travailleurs et chômeurs, s’est vu remettre le prix du dogmatisme tandis que l’on criait dans l’assemblée "Bouchez au bûcher". Quant à Rajae Maouane (Ecolo), jugée beaucoup trop discrète, a reçu le prix de l’immobilisme. À ce point invisible et inaudible, selon les syndicats, qu’à chaque question posée sur cette fameuse norme salariale, la sortie du nucléaire était la seule réponse qu’on lui attribuait…

Bref, une manière originale de mettre en avant les reproches des organisations syndicales à l’égard des partis francophones composant la majorité fédérale…

D’emblée, Jean-Marc Namotte, secrétaire fédéral CSC Liège-Verviers-Ostbelgien, a lancé que cette loi de 1996 doit disparaître. "Cette fameuse loi sur la norme salariale, durcie en 2017, bloque les augmentations auxquelles les travailleurs et travailleuses ont droit, quelles que soient les entreprises. Ceux qui ont imaginé cette loi ont dit que pour être compétitives, nos entreprises ne doivent pas augmenter les salaires de leurs travailleurs plus vite que ceux des pays voisins. Par contre, pour les dividendes, aucune limite", a-t-il relevé.

Et de dénoncer la limite de 0,4 % d’augmentation à ne pas dépasser qui a été fixée par le gouvernement De Croo, pour 2021-2022, alors que les dividendes des actionnaires, depuis la création de cette loi, ont "déjà augmenté de 216 %".

Le combat s’annonce long… Mais les syndicats se disent décidés à aller jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à ce que cette loi ne les empêche plus de négocier des augmentations de salaire…