La Ville de Liège a décidé de multiplier par cinq le montant du subside octroyé à la SPRL.

Le diable se cache dans les détails… et le moins que l’on puisse écrire, c’est que dans un budget annuel d’une ville de 200.000 habitants, des détails, il y en a à foison.

Ce lundi dans le courant de l’après-midi, le bourgmestre Willy Demeyer et l’échevine des Finances Christine Defraigne présentaient un budget 2020 où, c’est un fait, l’accent était mis sur cette augmentation de subsides pour le CPAS et la Police. Un "effort nécessaire" pour ces deux services.

Mais parmi les innombrables montants débloqués, un subside risque de faire grincer des dents : celui attribué au festival Les Ardentes. Précisément, celui-ci a été multiplié par cinq pour 2020… alors que le débat faisait déjà rage quant à sa pertinence.

"Nous observons ici un montant de 200 000 euros pour le festival des Ardentes, alors qu’il était auparavant de 38 000 euros. Déjà auparavant, c’était borderline mais désormais"… s’insurge Benjamin Bodson, conseiller CDH, qui souligne ici le statut de SPRL (et plus d’ASBL) dudit festival Liégeois. "Et nous parlons ici de subsides directs par de subsides indirects qu’il faudra compter également. L’an dernier, l’aide en matière de sécurité, de propreté et d’autres postes s’élevait à 174.000 euros"

Comment justifier pareille faveur, alors que le déménagement vers Rocourt, "sans aucun accord écrit", souligne l’Humaniste, "créait déjà une certaine opacité" ? La "nature" de cette dépense est inscrite comme un "appui à la politique à caractère culturel, sportif, festif ou touristique". Certes, personne ne niera que les retombées d’un festival comme les Ardentes sont positives. Mais est-ce le rôle d’un pouvoir public de subsidier une SPRL ? La question est posée…

Pour le maintien à Liège

Du côté de la Ville de Liège, l’échevine des Finances Christine Defraigne explique quant à elle "cette décision collégiale". "Il s’agit en effet d’une volonté de maintenir le festival à Liège et de l’aider à aménager le nouveau site. Le but est que le festival ne parte pas à Bruxelles car nous estimons qu’il fait partie de l’image de marque de Liège".

Des subsides qui montent en flèche pour éviter un départ vers la capitale en somme… Au cabinet du bourgmestre Willy Demeyer, le son de cloche est le même… Contrainte de partir de Coronmeuse et de réaliser des aménagements temporaires, l’organisation des Ardentes serait logiquement aidée… "Cette augmentation est justifiée par le fait qu’ils doivent déménager", précise-t-on au cabinet du bourgmestre, "le site de Rocourt est plus grand et n’est pas apte à ce stade à accueillir un festival. Des aménagements sont donc nécessaires, raison pour laquelle la Ville fait le choix de leur accorder un subside lié non pas au fonctionnement mais bien à l’aménagement du site".

Un subside qui ne serait pas amené à se répéter ? "Aucune décision n’est prise à ce stade".

On précise enfin au cabinet du bourgmestre que, "en temps utile, une convention en bonne et due forme sera soumise au conseil communal et dès lors, tout le monde pourra se prononcer et s'exprimer".