La mort d’une entreprise rentable, et rien d’autre que cela : cela semble être, selon la CSC et la FGTB, l’objectif du groupe américain Transgim, propriétaire de la société Technical Airborne Components.

Installée sur le zoning de Milmort (Herstal), TAC occupe 175 travailleurs. Elle est active dans le secteur de l’aéronautique et fournit des composants essentiels à la production de différentes gammes d’avions. “TAC-Liège est rentable, avec des carnets de commandes bien remplis, même si les chiffres du groupe ont évidemment souffert de la crise du secteur aérien, dont une des causes est la pandémie actuelle”, expliquent de concert René Petit de la CSC et Antonio Fanara de la FGTB.

En novembre dernier, le groupe américain a pourtant décidé de fermer Liège, pour rapatrier les productions sur ses sites installés aux États-Unis. Une procédure Renault a été enclenchée ; c’est toujours la phase 1 qui est en cours, phase essentiellement consacrée aux explications sur la stratégie du groupe et aux réponses à apporter aux questions du personnel.

En coulisses, les organisations syndicales ont entamé tous azimuts des discussions avec les responsables de l’économie wallonne. L’aéronautique reste, pour l’avenir de l’industrie wallonne, un secteur porteur qui figure en bonne place dans toutes les réflexions structurantes pour le futur.

Ces discussions ont abouti à deux propositions de reprise solidement charpentées. “Il est trop tôt pour les détailler, mais les organisations syndicales sont unanimes pour considérer qu’il s’agit de propositions très fortes, associant moyens financiers importants et compétences industrielles des acteurs, tout en garantissant l’ancrage wallon”, continue René Petit.

Face à cette proposition, l’actionnaire de TAC se tait. “Aucune réponse n’a été fournie. Aucun contact n’a eu lieu avec les candidats repreneurs. Rien. Le vide absolu… Mais dans le même temps, l’entreprise souhaite mettre fin à la première phase de la procédure Renault, pour entamer la suivante, qui conduira aux licenciements et au démantèlement”.

L’actionnaire de TAC semble ainsi dévoiler sa stratégie : “délocaliser et, ainsi, priver l’Europe de capacités de productions stratégiques. TAC réintroduit sournoisement le colonialisme”.

Les travailleurs refusent ce scénario. Ils l’ont rappelé lors d’une assemblée générale qui s’est tenue ce lundi matin, dans le cadre d’un arrêt de travail de 24 heures. Ils demandent à la Région wallonne de multiplier ses efforts pour aboutir à une reprise dans le cadre d’une des deux propositions sur la table. La priorité doit être, à leurs yeux, le maintien d’une activité significative sur le site, tant pour le niveau de l’emploi local que pour la pérennisation de la place de la Wallonie sur l’échiquier aéronautique wallon.