Le tribunal correctionnel de Verviers a rendu, mardi, un jugement dans le cadre d'un dossier à charge d'un trentenaire habitant Henri-Chapelle. Le prévenu, qui circulait en étant déchu du permis de conduire, était poursuivi pour tentative de meurtre, entrave méchante à la circulation, menaces et coups sur un cyclomotoriste en date du 21 août 2019. Le tribunal n'a pas retenu la tentative de meurtre et a requalifié les faits en coups et blessures volontaires. Le jour des faits, le Capellois, faute de chauffeur, s'était rendu à son travail en voiture. Au feu rouge du pont de chemin de fer de la rue Mitoyenne à Welkenraedt, le véhicule était suivi par un cyclomoteur. Alors que l'automobiliste ne démarrait pas à la phase verte, le cyclomotoriste avait klaxonné puis dépassé la voiture. Énervé par cette attitude du cyclomotoriste, l'automobiliste avait adopté une conduite agressive et dangereuse: queue de poisson, coups de freins intempestifs, ralentissements provoqués... Le conducteur du véhicule avait fini par serrer le cyclomotoriste sur le bord de la route pour s'expliquer. Des mots puis des coups ont été échangés.

La victime, âgée de 30 ans, souhaitait que la police soit appelée. Pour éviter que l'automobiliste ne s'en aille, elle s'était placée devant son véhicule. Le conducteur avait démarré et le cyclomotoriste s'était retrouvé sur le capot du véhicule durant plusieurs dizaines de mètres. Le cyclomotoriste était finalement tombé. La victime s'était relevée puis était retombée sur la route. Le prévenu expliquait qu'il avait fait demi-tour et était passé à côté de la victime, qui était debout et avait fait une photo, pour se rendre au travail. Un témoin affirmait pourtant avoir dû pousser la victime sur le bas-côté pour éviter qu'elle soit écrasée par le véhicule.

Alors que le parquet avait réclamé une peine de 40 mois de prison à l'encontre du prévenu, le tribunal n'a pas retenu la tentative de meurtre. Il a estimé qu'il s'agissait de coups et blessures et l'a condamné à une peine de 250 heures de travail ou deux ans d'emprisonnement. Il devra aussi s'acquitter de amende de 4.000 euros, avec sursis pour la moitié du montant. Le trentenaire est également déchu du droit de conduire pour une durée de 6 mois et devra indemniser la victime à hauteur d'un montant provisionnel de 2.000 euros. La compagne du prévenu, qui était poursuivie pour une fausse déclaration faite à la police alors qu'elle s'était présentée comme étant le conducteur de la voiture et avait déposé plainte pour dégradation du véhicule contre la victime, écope d'une peine de 50 heures de travail ou 3 mois de prison ainsi que d'une amende de 400 euros.