Liège Le collège communal a présenté sa déclaration de politique communale. La transition écologique tient la corde

"Ambitieux et complet", ce sont les adjectifs utilisés ce lundi par Willy Demeyer, bourgmestre de Liège, pour qualifier la déclaration de politique communale de la nouvelle majorité PS-MR qui fut présentée en soirée lors du conseil. Un moment important puisqu’il s’agit ni plus ni moins de la déclaration destinée à indiquer la voie pour cette législature et donc pour les six prochaines années.

Au-delà des (nombreux) objectifs et projets menés par les différents échevinats d’ici à 2024 (lire ci-dessous), le bourgmestre a quant à lui insisté sur quelques points d’attention… et d’actualité.

"Cette déclaration est en effet ambitieuse car nous sommes conscients des attentes de la population à l’égard des responsables politiques. Nous avons rencontré de nombreux collectifs ces dernières semaines." Gilets jaunes, Greenpeace et autres étudiants se sont en effet relayés sous les fenêtres de la Violette. Ils ont marqué les esprits.

Ainsi, outre le budget participatif (réservé à des actions citoyennes) qui passe cette année de 100 000 euros à un million d’euros, le mayeur a bien sûr mis l’accent sur les mesures prises en matière de transition écologique, un échevinat spécifique ayant d’ailleurs été créé pour cette "compétence".

Le tram, dont le chantier fut lancé voici une semaine, est bien sûr un exemple mais il est loin d’être isolé, assure encore le bourgmestre qui évoque la neutralité carbone de Liège en 2050 et "cette cité administrative qui sera le plus grand bâtiment public zéro carbone d’Europe". C’est prévu pour 2022, année de mise en service du tram précisément. On évoque aussi l’ambition affichée d’atteindre 10 % de part modale pour le vélo d’ici 2024, la création d’une zone basse émission au centre-ville et la généralisation de la zone 30 km/h. Entre autres.

Social encore. "Notre volonté est de faire de Liège une ville toujours plus solidaire", a insisté Willy Demeyer qui évoque le renforcement de la politique Housing first, l’octroi de deux mois de garantie locative par le CPAS aux personnes dans le besoin ou encore cet objectif chiffré "d’atteindre 10 % de logements publics".

Sécurité enfin, une thématique chère à Willy Demeyer qui assurait ce lundi vouloir apporter une réponse forte aux problématiques du sans-abrisme mais aussi de la prostitution. Alors que la Ville compte toujours poursuivre son action relative à la toxicomanie de rue, le projet d’Eros Center est définitivement abandonné mais au profit de la création d’une zone P, pour prostitution. C’est une promesse…

Des projets en pagaille pour la qualité de vie

150 nouvelles places de crèche, un label pour le commerce, des logements plus accessibles…

Ils étaient tous présents, les échevins de la Ville de Liège, pour présenter ces projets qu’ils souhaitent - espèrent du moins - mettre en œuvre durant les six prochaines années. En matière de finances communales, c’est une des touches libérales, a fait comprendre Christine Defraigne. Il faut s’attendre à une certaine rigueur et à des réponses claires, notamment dans la problématique des pensions et de la dette qui plane au-dessus de la Ville. Christine Defraigne parle d’une nouvelle vision, "cohérente", en matière d’urbanisme, via le schéma de développement territorial.

Pour Maggy Yerna, échevine du Logement, un des grands objectifs sera de gonfler l’offre de logements "accessibles et de qualité mais aussi performants d’un point de vue énergétique". Tout en atteignant "10 % de logements publics à Liège".

Pour faire taire ceux qui lui prêtent un échevinat "faible", Julie Fernandez Fernandez a quant à elle décidé de mettre en place "des ateliers solidaires dans 9 quartiers", pour aller à la rencontre des personnes isolées notamment. L’échevine évoque aussi ces assises de la jeunesse.

Gilles Foret, échevin de la Transition écologique, aura quant à lui une tâche conséquente et l’une des promesses est, avec Pierre Stassart, échevin de l’Enseignement, de trouver une solution au problème des barquettes en plastique dans les cantines. Pierre Stassart qui dit aussi vouloir créer 150 nouvelles places de crèche et un projet pédagogique autour du climat, le savoir en la matière étant la première arme pour les jeunes de demain.

L’échevine du Commerce, Élisabeth Fraipont promet quant à elle un référent commerce, "passerelle entre les commerçants et la ville" mais aussi la création d’un label, pour doper l’attractivité de Liège.

Roland Léonard, aux Travaux, parle de ce projet qui lui tient à cœur : l’adaptation aux PMR d’un maximum de passages pour piétons. Jean-Pierre Hupkens incarnerait enfin ce rapprochement entre culture et tourisme, via notamment cette candidature proposée pour faire de Liège la capitale culturelle européenne en 2030. Non sans promettre, enfin, "un lieu d’expression pour l’art contemporain" .