En réponse aux critiques du MR, le mayeur pointe du doigt la politique fédérale.

Nous l’évoquions en début de semaine, une vieille polémique fait à nouveau débat en Cité ardente : celle de la multiplication à outrance des commerces de nuit… et assimilés. Ce mardi soir en séance publique du conseil en effet, le MR, par la voix du conseiller Fabrice Drèze, s’interrogeait sur le respect du règlement communal visant à limiter la multiplication de ces commerces de nuit et ce, particulièrement dans le centre historique. Ce règlement prévoit en effet qu’un nouvel établissement du genre ne peut pas ouvrir près d’un autre. À deux pas de l’hôtel de ville pourtant, on trouvera bientôt quatre commerces d’alimentation générale.

La réponse du bourgmestre Willy Demeyer se veut claire : "La Ville de Liège n’a plus enregistré de demande d’implantation de night-shop depuis plus de deux ans". Pourquoi ? Tout simplement car ces magasins ne sont pas des night-shops… Comme le précise le bourgmestre en effet, "trois night-shops subsistent sous ce statut dans le périmètre Saint Lambert. En effet, depuis l’entrée en vigueur de la loi Laruelle, du nom de la Ministre libérale, publié le 10 novembre 2006, les commerces sont autorisés, sous certaines conditions à ouvrir 24 h sur 24. Et la grande majorité des night-shops ont rempli ces conditions et ne sont donc plus des night-shops".

La faille est connue, en vendant des dvd ou d’autres articles, le night-shop échappe à la règle. La loi Borsus d’avril 2016 permettrait de corriger le tir puisque les night-shops (en centre touristique), ne pourraient plus ouvrir la journée… mais une fois encore, le contournement est le même puisque ces commerces évoqués ne sont pas des night-shops.

"Tout cela pour dire qu’il n’y a aucun laxisme dans mon chef par rapport à cette situation, contrairement à ce que vous laissez sous-entendre. Liège est en effet une des premières villes à avoir adopté un règlement, qui était mesuré et proportionné afin de ne pas violer la liberté fondamentale de commerce et d’industrie. Nous y étions arrivés, avant que la modification de la loi fédérale ne vienne rendre ses effets caducs".

Le constat est donc clair pour le bourgmestre de Liège : sans cadenasser la législation fédérale, la problématique qui fait subir une concurrence jugée déloyale aux commerces traditionnels ne pourra être solutionnée. Christine Defraigne, cheffe de file libérale à Liège, évoquait d’ailleurs ce mardi soir une réelle "fraude à la loi". Pour Fabrice Drèze, la Ville pourrait, au moins, faire respecter les prescrits urbanistiques… c’est encore autre  chose.