Après des mois de négociations, les pilotes d’ASL Airlines Belgium (société basée à Bierset) ont déposé ce mercredi un préavis de grève en front commun syndical (Setca, CGSLB et CNE). Du coup, des actions pourraient avoir lieu dès la semaine prochaine.

"Il faut savoir que notre activité est depuis 2 ans en expansion et qu’à aucun moment notre secteur n’a été à l’arrêt vu son importance stratégique dans la chaîne d’approvisionnement, en ce compris pour combattre le Covid", explique Fred Daveloose, délégué SETCa.

"Les équipages de vol cargo ont été mis sous pression tant au niveau commercial par une augmentation du nombre de vols, qu’au niveau des conditions de travail. Particulièrement lors des pauses en Asie et au Proche Orient qui imposent des mesures particulièrement drastiques d’isolement qui sont pesantes. Et en Belgique, c’est le télétravail qui engendre une perte d’efficacité des services concernés, impactant le travail des pilotes qui doivent suppléer et beaucoup trop souvent improviser".

Direction Paris

Selon le front commun syndical, la prise en compte de cette augmentation de la pénibilité du travail n’est pas écoutée par la direction. "Une garantie de maintenir un rythme de travail raisonnable permettant un repos suffisant, même dans les périodes d’intense activité, ceci pour le bien-être des pilotes mais aussi pour la sécurité aérienne nous apparaissait comme un minimum", continue Didier Lebbe de la CNE, "d’autant que l’explosion de l’activité cargo génère des bénéfices jamais atteints pour la société."

À cette situation déjà complexe s’ajoutent les craintes liées à la délocalisation des activités de FedEX : "Vu que c’est le client principal d’ASL, c’est plus de 150 pilotes qui devront se rendre à Paris pour effectuer leurs vols de départ", précise Vicky Hendricks, permanente CGSLB. "Cela va avoir un impact sur les vies de famille du personnel concerné. Sans parler des craintes du recours à terme à des pilotes externes pour encore accroître les bénéfices en rognant sur les salaires".