Daniel Mathy (74 ans), accusé de l’assassinat de son épouse, était incapable de faire le deuil de sa relation avec son épouse et a voulu en conserver l’exclusivité jusque dans la mort, a indiqué mardi un expert psychiatre devant la cour d’assises de Liège.

L’accusé est intolérant à la frustration mais son risque de récidive s’avère faible. Claudine Hallut (61 ans) avait été égorgée par son mari qui n’acceptait pas leur séparation. Les faits s’étaient déroulés le 9 février 2018 à Saint-Nicolas.

L’accusé s’était introduit dans la propriété de Claudine Hallut et lui avait porté plusieurs coups de couteau. Daniel Mathy avait ensuite tenté de se suicider.

Le Dr Anthony Schena, Le médecin psychiatre qui a examiné l’accusé a déterminé que Daniel Mathy a commis les faits avec une certaine détermination. Ce déterminisme était conditionné par sa personnalité et la frustration ressentie en raison du rejet de son épouse. Daniel Mathy vivait une relation fusionnelle et une dépendance affective à l’égard de la victime. L’accusé idéalisait son épouse et son couple.

Face à l’expert, Daniel Mathy a décrit une enfance marquée par les violences de sa mère et ses carences affectives. Le psychiatre relève une forme de victimisation dans la façon dont l’accusé évoque ses rapports avec les proches de son épouse.

Egocentrique

Mathy n’a pas une grande tendance à l’autocritique. Il présente une certaine difficulté d’introspection et de remise en question. Il a un faible degré de tolérance à la frustration. L’accusé a aussi tendance au clivage. Soit il idéalise les individus, à l’image de la victime, soit il les diabolise, comme les membres de la famille de la victime.

L’expert déduit que Daniel Mathy présente une personnalité de type borderline abandonnique, soit une susceptibilité intense à l’abandon réel ou fantasmé. Son risque de récidive violent s’avère faible.

Le psychologue Serge Garcet a évoqué la dimension narcissique et le caractère égocentrique de Daniel Mathy. L’accusé ne présente pas de psychopathologie.

Mais, à aucun moment, il ne remet en cause son fonctionnement, son caractère rigide, jaloux, possessif et exigeant dans la relation, finissant par confondre l’amour et l’envahissement de l’autre.