Liège L’entreprise de construction Roebben espère introduire le permis d’ici un mois !

C’est la SA Roebben, entreprise spécialisée dans les travaux de terrassement, et basée dans le zoning des Hauts-Sarts, qui a introduit cette demande de permis… déjà polémique. Il faut dire que l’intitulé éveille des soupçons dans le voisinage ; cette semaine, une première réunion d’information, préalable à l’étude d’incidences, s’est déroulée, relativement à cette "demande de permis unique de classe 1, portant sur l’extension d’un centre de prétraitement de déchets inertes, par un centre de regroupement de tri de déchets dangereux et non dangereux, de terres contaminées et non contaminées".

À la manœuvre donc, la société Roebben, qui nous apporte quelques précisions sur le dossier. "Chez Roebben, notre site est relativement vaste, il s’étend sur 4,5 hectares dans les Hauts-Sarts et nous disposons déjà d’un centre de tri et de recyclage des déchets de construction", explique Thomas Ruwette, responsable des travaux, en charge de ce dossier. "Sur ce site, nous aimerions accepter d’autres terres, polluées, qui seraient alors stockées, pas traitées."

Il s’agirait en effet d’un centre de prétraitement, pas de traitement. "Le stockage serait donc temporaire", précise encore Thomas Ruwette, "pour ensuite envoyer les déchets dans des centres de tri et d’enfouissement". Concrètement, une dalle étanche serait construite sur 6 500 m², elle comprendrait une zone extérieure (2 500 m²) et une zone intérieure (2 500 m²), le reste étant dévolu aux manœuvres des camions.

La question qui fâche est bien sûr… quels types de déchets ? Inertes, dangereux et non dangereux, des terres contaminées… Mais le responsable tempère : "On ne parle pas de déchets chimiques ou toxiques. Ce sont des terres considérées comme polluées, oui, mais elles ne sont pas nocives pour les personnes." Comprenons : le stockage ici n’impacterait pas le voisinage…

Du côté de ce voisinage pourtant, l’argumentaire ne convainc pas (lire ci-dessous). Il n’en reste pas moins que l’entreprise espère bien introduire le permis d’ici un mois. "Le but est de faire cela assez rapidement", explique-t-on encore chez Roebben. "Il ne s’agit pas d’embêter les gens au contraire. Les normes évoluent et il est donc logique que plus de terres qu’avant soient considérées comme polluées, il faut s’adapter."

"L'école est à 200 m à peine"

Le comité des riverains des Hauts-Sarts, très actif, n’en veut pas…

Autre approche, autre point de vue, autre son de cloche… du côté des riverains des Hauts-Sarts, déjà très actifs dans la lutte contre l’extension du zoning sur les terres agricoles, la réunion d’information publique qui s’est déroulée cette semaine fut loin d’être positive. Premier reproche évoqué : "nous avons l’impression que tout est fait pour ignorer qu’il y a un voisinage" , explique Anne Jamblin.

Pour les riverains du zoning en effet, cette demande d’extension, vu la localisation, aura des répercussions inévitables sur le quotidien des habitants. "En effet, il y a un village juste à côté et une école", explique la riveraine. "Or ce qui nous inquiète est que les responsables de l’entreprise avaient l’air de le découvrir."

Précision apportée par le comité des Hauts-Sarts, l’école d’enseignement spécialisé Henri Rikir, située à Milmort, "qui compte 280 élèves, se situe à 200 mètres à peine des terrains de l’entreprise". Et de préciser également "qu’il y a aussi tout un village en contrebas. Ce que nous demandons est simplement de prendre en compte ces riverains".

La crainte majeure est, on l’aura compris, que les déchets stockés ici aient un impact sur la santé des riverains. "Ils annoncent qu’ils vont arroser les terres polluées et qu’ils vont récupérer l’eau", poursuit Anne Jamblin, "des terres qui seront stockées sur une dalle étanche. Nous nous inquiétons du ruissellement de l’eau. Même si la dalle est étanche nous avons déjà connu d’importantes inondations dans la région."

Par expérience, le comité des riverains dit aussi vouloir agir directement et ne pas "découvrir les ennuis une fois que tout est fait. Car bien souvent, les études d’incidences aboutissent sur des recommandations, mais celles-ci ne sont finalement pas prises en compte".