L’image de cette jeune fille dynamique, motivée, généreuse… mais fragile a fait le tour de la toile depuis ce tragique lundi 16 novembre 2020. Alysson était âgée de 24 ans… elle s’est donné la mort. En pleine crise, la souriante Liégeoise avait en effet décidé d’ouvrir son salon de coiffure barbier, rue Saint-Gilles, connaissant les risques d’une telle entreprise à cette époque. Mais refusant de baisser les bras elle s’était notamment fait remarquer pour avoir apporté une aide aux patients du Covid au CHR de Liège ; elle leur coupait les cheveux gratuitement, leur apportait un peu de réconfort… malgré ses problèmes financiers. Les conséquences d’un second confinement furent trop difficiles à gérer pour elle.

Ce jeudi matin sur le coup de 10 h, une centaine de personnes, des amis, des connaissances… d’autres indépendants qui souffrent, sont donc venus lui rendre un hommage, face à son commerce. Au pied de la vitrine, des centaines de fleurs avaient déjà été déposées. Une minute de silence ponctuée d’applaudissements bouleversants a permis aux personnes présentes d’exprimer tout leur soutien aux proches d’Alysson.

"Bien sûr, nous savons qu’un tel acte n’a pas une cause isolée mais clairement, la situation a été la goutte d’eau qui a tout fait déborder", explique, ému, Maxime, un ami proche d’Alysson. "Nous savions qu’elle était fragile mais elle était aussi tellement forte, elle n’a pas été épargnée par la vie c’est sûr et avec cette crise, cela ne s’est pas arrangé mais elle souriait encore, souvent… nous ne l’avons pas vu venir. Aujourd’hui, avec sa sœur de cœur, nous voulons perpétuer son projet en maintenant son salon ouvert (lire ci-après)". Ce jeudi matin, chacun dénonçait à demi-mot le manque de soutien aux petits indépendants, qui se sentent sacrifiés durant cette crise.

"Ce qui est arrivé est un véritable drame et elle restera assurément le symbole de ce que vivent les indépendants aujourd’hui", explique ce Liégeois, indépendant aussi, venu assister à la cérémonie. "Car si le cas d’Alysson a été mis en lumière, il faut sans doute aussi se dire que ce n’est ni la première, ni la dernière, mais ceux-là passeront inaperçus… et je pense qu’ils seront nombreux malheureusement".