Ils n’étaient que quelques-uns samedi dernier, à avoir répondu à l’appel du Collectif wallon Horeca, relatif à cette manifestation pacifique "Taste of liberty" (un goût de liberté). Mais ils l’avaient promis, tant que le secteur ne serait pas autorisé à rouvrir, ils réitéreraient leur action, chaque samedi… Et après le coup de massue de ce vendredi - la réouverture de l’Horeca le 1er mai, au mieux -, les terrasses se sont à nouveau formées ce samedi après-midi. À Liège notamment, plusieurs dizaines d’établissements ont symboliquement organisé leur "take away" sous forme d’événement. Un mouvement suivi à Tilff en région liégeoise mais aussi à Durbuy, Bastogne ou Charleroi.

"Notre volonté est de montrer que nous sommes toujours là, de dire que nous existons malgré tout", nous confiait ce samedi Valérie Migliore, gérante du Café Internazionale dans le centre de Liège. "Car si nous organisons un take away, dans le respect des règles sanitaires, il s’agit bien d’une manifestation", poursuit-elle, déterminée. "Avec l’annonce de ce vendredi, l’Horeca a en effet plus que jamais besoin de se faire entendre. Nous n’arrêtons pas de le dire depuis des mois : nous ne sommes pas responsables et pourtant, le gouvernement a décidé de nous sacrifier. Nous ne sommes pas entendus, alors nous continuons. Clairement pourtant, si on nous avait dit en octobre que nous devrions tenir jusqu’en mai, beaucoup de nos collègues n’auraient pas creusé un trou comme ils l’ont fait"…

"60 jours, c’est 10 000 euros"

On comprend que l’amertume grandit dans un secteur qui n’a jamais autant souffert ; et la situation au Nord du pays n’aide pas doit-on comprendre… "car là, l’Horeca a finalement bien plus que nous", poursuit Valérie. "Deux mois jusqu’en mai, ce n’est pas simplement 60 jours pour moi, c’est aussi 10 000 euros de charges… et je ne suis pas celle qui en a le plus dans le centre de Liège".

Valérie et ses collègues ont besoin de se faire entendre… et de se soutenir, pour conserver leur force de caractère et leur goût du travail. "Si je maintiens le cap, c’est pour rester fidèle à mes convictions. J’avais le choix, soit prendre les 9 séances de psy offerte par le gouvernement soit me battre. Pour dénoncer tout ce qui se passe, j’ai décidé de me battre".

Ce samedi, à Liège et ailleurs, un vent de liberté soufflait effectivement sur les terrasses… plus déterminées que jamais à rouvrir "en vrai".