Le gérant d'une station-service de Comblain-au-Pont qui avait été condamné après avoir tué un de ses braqueurs fera appel de sa condamnation, a confirmé jeudi son avocat, Me Pascal Rodeyns. Il ne conteste pas la qualification pénale retenue mais le montant de l'indemnité allouée aux parties civiles. Ce gérant de station-service avait tué un de ses braqueurs et avait été condamné par le tribunal correctionnel de Liège à une peine de trois ans de prison avec sursis. Les faits avaient été qualifiés en homicide involontaire commis par défaut de prévoyance et de précaution.

Dans la nuit du 3 au 4 octobre 2018, le prévenu (74 ans) avait été surpris par l'intrusion nocturne de cinq jeunes braqueurs dans son commerce de Comblain-au-Pont. L'homme, déjà victime de plusieurs braquages, avait été réveillé par son système d'alarme et s'était emparé d'une arme.

Les cinq individus avaient pris la fuite pour remonter dans leur véhicule. Mais le gérant les avait suivis et avait tiré à plusieurs reprises en direction de la voiture. Un jeune braqueur âgé de 19 ans avait été atteint par les tirs et était décédé des suites de ses blessures.

Devant le tribunal, le prévenu avait exposé avoir été emporté par la panique et avoir tenté d'arrêter la voiture de ses braqueurs. Il avait tiré cinq balles en quatre secondes, obnubilé par son idée d'immobiliser cette voiture. Seul le dernier tir, un peu plus relevé, avait atteint le dos de la victime.

Le tribunal avait qualifié les faits en homicide involontaire commis par défaut de prévoyance et de précaution car l'homme n'avait pas l'intention de porter des coups ou de tuer ses braqueurs.

"Compte tenu de l'intention des parties civiles d'interjeter appel, nous allons suivre cet appel. Nous ne contestons pas la qualification pénale retenue par le tribunal mais le montant alloué aux parties civiles", indique Me Pascal Rodeyns.