Un nombre conséquent de cyclistes s'est rassemblé ce vendredi soir à Liège à l'appel du GRACQ, le groupe de recherche et d'action des cyclistes quotidiens, pour soutenir les trois activistes poursuivis par le procureur du Roi pour avoir dessiné des logos de vélo sur les pavés de la rue Hors-Château en 2019. Ce mouvement cycliste a pris le départ sur l'esplanade Saint-Léonard avant de déambuler dans les rues de Liège. Un appel avait été lancé par ce groupe autogéré afin de réunir un maximum de cyclistes ce vendredi pour soutenir les trois activistes. A l'aide de pochoirs et de bombes de peinture blanche, ces trois personnes avaient peint 23 logos de vélos dans la rue en question afin de dénoncer le manque d'infrastructures cyclables à Liège ou la piètre qualité de celles-ci. La police les avait interceptées grâce aux caméras de surveillance et les avait ensuite embarquées au commissariat.

"On vient soutenir cet acte civique", a expliqué l'un des participants, "les pistes cyclables nous protègent, les infrastructures sont désuètes, certains tronçons sont incomplets". Une mère de famille raconte: "On a peur pour nos vies quand on roule à vélo, à choisir je préfère risquer une amende plutôt que mon intégrité physique".

Charles, l'un des trois activistes poursuivis, était présent lors de ce rassemblement. Il s'est confié à l'agence Belga. "Je ne trouve pas normal que l'on en arrive là, il y a des choses beaucoup plus dangereuses qui se passent. Qu'est-ce que faire des dessins sur le sol pour sensibiliser à la mobilité douce ? ", se demande-t-il. "Il n'y a pas de vandalisme. Pourquoi on se retrouve en justice pour ça ? ".

Le procès de ces trois personnes devait avoir lieu le mardi 23 mars mais il a été reporté à une date indéterminée. Elles sont poursuivies par le procureur du Roi pour "entrave méchante à la circulation" et " dégradation d'objets destinés à l'utilité publique".

Elles ont refusé la transaction de 100 euros qui leur a été proposée.