C’est à Antheit (Wanze) que Paul Delvaux est né, en 1897, dans la maison de ses grands-­parents maternels. Il est le fils d’une musicienne et d’un avocat à la cour d’appel de Bruxelles, là où vit la famille Delvaux. À Antheit, il y retourne régulièrement lors des grandes vacances. Il suit des humanités gréco-­latines à l’athénée de Saint-­Gilles. Comme il le dira lui-­même, il n’était pas un très bon élève. Ensuite, il entrera à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles mais en architecture, poussé par ses parents. Un an plus tard, il abandonne cette formation, ayant échoué en mathématiques.

Écoutant sa mère qui lui suggérait de réaliser des aquarelles d’après la nature plutôt que de copier des images, il confectionna sa première aquarelle en 1919. Celle-­ci représentait la Vesdre vue des hauteurs. Peu après, il en réalisa une nouvelle dans la campagne dominant Cannes. Il continuera de produire des aquarelles à Antheit, à Bruxelles et à Zeebruges pendant les vacances. C’est d’ailleurs là-bas qu’il a fait une rencontre déterminante… Franz Courtens, un peintre qui jouit d’une certaine notoriété, découvre les réalisations du jeune Paul et parvient à convaincre ses parents de le laisser intégrer la section peinture décorative et monumentale à l’Académie des Beaux-Arts, auprès du peintre Constant Montald.

Pendant son service militaire, de 1920 à 1921, il suit les cours du soir donnés par Jean Delville. Une seule chose l’anime : sa passion pour la peinture. Ainsi, il dépose son chevalet aux endroits qui l’inspirent… Et c’est ainsi qu’un jour, il réalise une aquarelle de l’avenue de Broqueville à Bruxelles, tout en portant sa tenue militaire.

Des lieux qu’il aimait

Influencé par James Ensor et impressionné par deux aquarelles de Paul Cézanne, Paul Delvaux va réaliser près de 80 tableaux : Jeune Fille à la fenêtre, L’Écluse des grands malades, L’Église Saint-­Mengold à Huy… Il a peint des lieux qu’il aimait comme des usines, des paysages en bord de Meuse, des places, des rues… mais aussi des gares. On le surnommera d’ailleurs le peintre des gares. Plus jeune, avant sa rencontre avec Franz Courtens, il avait comme projet de devenir chef de gare à Ottignies. Il pensait à cette gare parce que le train passait par là pour aller à Antheit.

Son œuvre évoluera de l’expressionnisme au surréalisme. "Ce qui me rapproche des surréalistes, c’est la poésie. Ce qui m’en détourne, c’est la théorie", avait-­il dit. L’artiste réalisera aussi des peintures et dessins de squelettes, de femmes nues, d’hommes en costume et de jeunes éphèbes figés dans un paysage ou un milieu urbain ou encore d’autres inspirés d’œuvres de Jules Verne. Il a aussi peint de grandes compositions murales comme celle du Casino Kursaal d’Ostende, du palais des Congrès de Bruxelles, de l’Institut de zoologie de l’Université de Liège. Avec ses élèves, il a réalisé la carte littéraire de Belgique, pour l’Exposition universelle de 1958. Cette œuvre fut installée à la Bibliothèque royale de Belgique.

Paul Delvaux est décédé en 1994 à Furnes, là où il s’était établi. Sa passion pour la peinture l’a animé jusqu’au bout.