La lutte contre la Covid-19 est un marathon et le personnel – soignant ou non – doit tenir la distance pour quelque temps encore.

Si aujourd’hui, le matériel ne manque pas, les forces vives font par contre l’objet de toutes les attentions : “Nos travailleurs ont gravi une première fois de nuit cette montagne en mars. En septembre, personne n’avait assez récupéré pour repartir à l’assaut de ce roc qui n’en finit pas. Et pourtant, contraints et forcés par le virus, tous le font…”, résume ainsi Sylvianne Portugaels, directeur général du CHR de la Citadelle. “Dans cette situation, notre rôle est de les épauler à tous niveaux, car ils peuvent à tout moment craquer physiquement ou psychologiquement.”

Comme ce fut déjà le cas durant la première vague, une équipe transversale a été mise en place. Baptisés les concierges, ces travailleurs issus des secteurs administratifs, logistiques ou des ressources humaines, fonctionnent selon le principe de l’émulation collective : brainstorming quotidien par visioconférence, évaluation rapide des forces et faiblesses d’une idée, opérationnalisation rapide dès qu’un projet est mûr. “Nous partons le plus souvent des retours de terrain”, détaille Sabine Van Boven, l’une des concierges de la première heure. “Certains projets avaient été initiés dès la première vague, d’autres ont pu aboutir cette fois-ci, comme la garderie. Nous tentons de toujours répondre à la même question : comment soulager le personnel durant son combat ?”

Ainsi, quelques projets ont été mis en place comme, par exemple, la Conciergerie, un lieu de dépôt et de reprise des colis à destination des patients puisque les visites à l’hôpital sont désormais interdites ou encore la garderie destinée aux enfants du personnel, pendant et en dehors des vacances scolaires.

Les concierges ont également mis en place la livraison de douceurs, pour réconforter le personnel ou encore un service de repassage gratuit de linge. Un service de courses alimentaires est aussi actif, en partenariat avec des commerces locaux.

À la Citadelle, le soutien psychologique a également été renforcé, notamment dans les salles jugées de première ligne : les psychologues ainsi qu’une équipe pluridisciplinaire sont intégrés dans le travail quotidien, ce qui permet de déceler plus rapidement les risques de burn-out ou d’épuisement. D’autres moyens sont également mis en place, comme la tenue d’ateliers de pleine conscience ou des séances de massages.

"La solidarité des travailleurs les uns envers les autres est remarquable", précise Valérie Maréchal, directrice des Ressources humaines. "Certains ne veulent pas prendre congé pour rester aux côtés de leurs collègues, et beaucoup vont renforcer les équipes au front, mais tout le monde doit pouvoir souffler. D’autant que nous avons également de l’absentéisme dû à des contaminations hors de l’hôpital."