Youssef, 27 ans, Walid, 31 ans et Saïd, 47 ans, encourent des peines allant d’un à trois ans de prison pour avoir participé aux activités d’un groupe terroriste. En réalité, ils ont récolté des fonds pour acheter les gardiens des prisons dans lesquelles les femmes de djihadistes de l’état islamique sont détenues en Syrie. Le but est de permettre l’évasion de ces femmes pourqu'elles retrouvent ensuite les rangs de l’état islamique et recommencer à service la cause de l’organisation terroriste. 

Cette collecte a été organisée avec l’aide de deux détenus français connus pour leur appartenance au mouvement terroriste et qui n’ont pas hésité à perpétrer le braquage d’une banque pour réussir à récolter plus de fonds ! 

Entre mai et février 2020, ces personnes ont réussi à récolter plusieurs milliers d’euros à cette fin. L’argent aurait été transféré en Belgique car les familles et les proches des suspects français étaient particulièrement surveillés par les autorités. "J’ai dit que je ne pouvais pas donner d’argent", a expliqué Youssef. "On m’a demandé à aller chercher l’argent en France et de trouver des donateurs. Je n’avais pas de problème avec cela." 

L’homme s’est présenté en victime. "Ce que je ne comprends pas, c’est que tout au long de l’enquête, on essaye de mélanger ma pratique religieuse à l’affaire qu’on me reproche. Je reconnais la collecte, mais c’était humanitaire.

Quant à Walid, qui est gardien de la paix à Bruxelles, il ne voit pas non plus le problème à réaliser ce type de collecte. "Je savais qu’elle était l’épouse d’un djihadiste, mais je ne savais pas de quel groupe. Elle m’a dit qu’elle était française. Elle ne combattait pas. Si j’ai voulu l’aider, c’est parce qu’elle m’a exposé sa situation très difficile là-bas. C’était uniquement dans un but humanitaire", a poursuivi l’homme qui se trouvait sur des groupes partageant des vidéos de violences commises en Syrie. 

Le troisième prévenu a également minimisé les faits. Les trois suspects ont été contactés via Facebook. Les avocats des prévenus ont plaidé du sursis. Le jugement est prévu pour le 27 novembre prochain.