Liège Avec près de 15 000 voix, la Sérésienne Alice Bernard a été élue députée.

Si elle vit aujourd’hui aux Biens communaux à Seraing, Alice Bernard a grandi du côté de Huy, au sein d’une fratrie de quatre enfants dont elle est l’aînée. "Mes parents étaient de tradition plutôt catholique et engagés dans des associations. D’eux, j’en ai retenu qu’il ne faut jamais laisser quelqu’un sur le bord du chemin", confie-t-elle.

Vu le terreau familial dans lequel elle a grandi, pas étonnant qu’elle ait eu l’envie, à sa majorité, de s’engager dans différents mouvements… "À la fin des années 70, c’était le début de toute une série de mouvements comme les campagnes anti-nucléaire, qui me parlaient particulièrement en étant de Tihange, mais aussi de mobilisations en faveur de la paix".

Si bien qu’elle s’est dirigée vers des études d’assistante sociale, à Liège. "Mon souhait était de me former à un métier qui me permettrait de donner un coup de pouce aux personnes dans le besoin". Ce qui l’a menée à exercer au sein d’associations pacifistes ainsi qu’à la Ligue des familles, où elle est restée quasiment 25 ans.

"J’étais active au niveau de l’éducation permanente. En contact avec des personnes peu formées, mon rôle était de les amener à réfléchir sur ce dont elles avaient envie, ce dont elles étaient capables afin de leur permettre d’avancer dans la vie. Cela me plaisait beaucoup d’accompagner ces personnes en vue de les aider à devenir acteurs de leur propre vie", souligne Alice Bernard.

Sur les traces de son mari

De cette implication, elle en a ressenti le besoin de s’affilier à une organisation syndicale avant de se tourner vers le PTB… "Ce qui m’a plu, c’est qu’il s’agit d’un parti de terrain, proche des travailleurs. J’allais à 5h du matin en face de la FN, une fois par semaine, vendre notre journal Solidaire dans lequel j’écris encore aujourd’hui. J’aimais cette proximité avec les gens. Au PTB, j’y ai trouvé l’implication que je cherchais par rapport à mes questionnements sur des thématiques comme la paix ou la lutte pour l’emploi".

C’est aussi au sein du PTB qu’Alice Bernard a rencontré celui qui allait partager sa vie, Hans Krammisch, ce médecin d’origine allemande qui a mené à bien le projet de maison médicale "Médecine pour le peuple" à Seraing. "C’était à la fois son projet de vie et professionnel. Hans était également fort engagé sur les questions de santé au travail", confie la Sérésienne sur son mari ayant été emporté par la maladie et avec lequel elle précise, non sans une certaine émotion, avoir "partagé 26 ans d’engagement politique et social".

On se souvient que c’est à travers Hans Krammisch que le PTB a fait son entrée au conseil communal de Seraing, en 2006. Elle y a d’ailleurs remplacé en fin de législature, alors qu’il était souffrant. Après leur fille Muriel, c’est désormais Alice Bernard qui siège au conseil communal sérésien.

Ayant totalisé près de 15 000 voix aux dernières élections régionales, affichant ainsi le "deuxième meilleur score de l’ensemble des listes", elle siège également comme députée à la Région et à la Fédération Wallonie-Bruxelles, où elle s’intéressera particulièrement aux matières sociales ainsi qu’à l’emploi et à l’insertion socioprofessionnelle.