Depuis plusieurs années, de nombreuses personnes sans papiers vivent à Liège dans l’attente d’une régularisation. Ainsi par exemple, plusieurs d’entre elles s’étaient rassemblées dans les pavillons scolaires de l’école d’horticulture à Burenville et occupent les lieux depuis 2015.

"Ces bâtiments ne sont toutefois pas prévus pour du logement : ils ont en outre été libérés par l’école d’horticulture en raison de leur vétusté", a expliqué la majorité liégeoise lors du conseil communal de lundi soir. D’ailleurs, Willy Demeyer, le bourgmestre de Liège, a pris il y a plusieurs années un arrêté d’inhabitabilité.

Le bâtiment intéresse en outre l’entreprise de travail adapté Le Perron, voisine du site et qui s’est portée candidate pour racheter le terrain et y agrandir ses bâtiments.

Face à tous ces éléments, Willy Demeyer a sommé les occupants des pavillons à quitter ceux-ci pour le 15 novembre au plus tard.

La Ville et le collectif La Voix des sans papiers, qui sont à la recherche d’une solution depuis plusieurs années pour permettre un hébergement digne de ces familles, se sont donc remis autour de la table.

Après plusieurs réunions et visites sur le terrain, 6 bâtiments appartenant à la Ville, à la Régie Foncière et au CPAS ont été identifiés pour accueillir la cinquantaine de personnes concernées.

Ces bâtiments vont être mis gratuitement à disposition de l’asbl Femmes Prévoyantes Socialistes, qui s’est engagée à être l’interlocuteur de la Ville dans ce dossier. Avec le vote unanime du conseil, cette location à titre précaire est conclue pour une durée d’un an, renouvelable.

Vente votée

D’ici au 15 novembre, les services communaux vont aider La Voix des sans papiers à quitter le site de Burenville et à s’installer dans ces 6 bâtiments.

"Nous parlons de personnes qui vivent à Liège depuis de nombreuses années, qui souhaitent y rester et dont les enfants sont scolarisés dans notre enseignement. À terme, j’ai donc l’espoir que ces immeubles seront libérés parce que leurs occupants auront trouvé des perspectives d’épanouissement dans notre pays", a souligné le bourgmestre de Liège.

La cession du terrain à l’ETA Le Perron a, dans la foulée, été votée. Elle permet à cette entreprise sociale de pérenniser ses activités à Liège. La Ville percevra les 237 000 € de la vente qui seront affectés au fond de rénovation des bâtiments scolaires.