Veronica Cremasco (Ecolo), italienne de sang, liégeoise de cœur, se dévoile…

Elle était tout indiquée, Veronica Cremasco, députée Ecolo, italienne de sang mais liégeoise de cœur, à la présidence de cette commission de l’Économie, de l’Agriculture et de l’Aménagement du territoire. Comme le remarque cette députée Ecolo, ingénieure architecte de formation au pesant C.V., "c’est la première fois qu’on associe ces trois thématiques". Et ce n’est ni un hasard ni une erreur de distribution, affirme-t-elle : "Car pour moi tout part de l’aménagement du territoire. C’est un socle fondamental." Pas question en effet d’envisager l’avenir de nos agriculteurs aujourd’hui sans se poser la question du logement en Wallonie par exemple...

Entre deux trains, à la brasserie de la gare des Guillemins, nous avons rencontré cette infatigable bavarde qui souhaite transformer sa passion en action politique…

Élue pour la première fois à Liège en 2006 puis à la Région en 2009, Veronica Cremasco, 44 ans, est aujourd’hui devenue une figure de proue des verts en Wallonie. Rien ne laissait toutefois présager un avenir politique à ce brin de femme remuant. Car, de toute évidence, elle ne cadre pas avec la fonction… "Je n’ai en effet pas du tout baigné dans la politique en grandissant", nous confie-t-elle entre le troisième et le quatrième café. "Je viens d’une famille d’immigrés italiens, une famille modeste mais humainement très riche. À la maison, nous étions toujours très nombreux… je les adore." La mine du côté du père, la glace du côté de la mère et une enfance passée à l’ombre des vestiges de l’activité minière de Saint-Nicolas. Rien de rare en Cité ardente… Mais là Veronica développera très vite un sens aiguisé de l’observation et une passion pour l’architecture.

Entre les arts et la science

Scientifique de nature, elle ne peut renier ce côté artistique et humain qui la pousse aux rencontres. Ses passions, elle les nourrira avec l’avidité d’une boulimique et la précision d’un premier de classe - "J’ai toujours été brillante à l’école mais je parlais trop." C’est toujours le cas, s’excuse-t-elle souvent.

L’écologie en politique, elle y est donc venue par le hasard des rencontres mais aussi par conviction, car elle dit vouloir partager sa vision de la société… elle qui se dit "adepte du less is more". La ville, elle la conçoit donc comme sa maison, qu’elle continue inlassablement de rénover, faite de choses simples, de matériaux de réemploi, de travail et d’échanges… mais sans éléments conformistes ou consuméristes. "Mon plaisir, c’est de ramener ma vie à l’essentiel, pour donner aux choses leur valeur première." On l’aura compris, ce n’est pas au Club Med que l’on croisera Veronica cet été mais plutôt dans un camping "sauvage" au bord d’une rivière, avec son homme et ses deux filles.

"Less is more"

Bobo des villes ? On se tromperait en l’affublant d’un tel cliché car Veronica n’est pas une rêveuse et encore moins une hippie. Celle qui fut aspirante au FNRS, experte européenne en aménagement du territoire et jusqu’à il y a peu rédactrice en chef de la revue Cahier de l’espace public tout en exerçant la fonction de formatrice de tous les conseillers en aménagements du territoire de Wallonie - "le boulot de mes rêves" - est une travailleuse inépuisable qui s’est fixé un objectif précis : "Faire comprendre que l’écologie peut être positive plutôt que punitive. L’écologie peut nous permettre de respirer, en vivant dans un paysage qu’on améliore."

Sa passion au service de la politique en quelque sorte. Et la politique au service de la qualité de vie… sans ambition malsaine, insiste-t-elle. "En étant élue, j’ai préféré démissionné du boulot de mes rêves plutôt que d’être temporairement écartée. Il faut en effet savoir laisser la place aux autres et je trouve que j’ai déjà beaucoup de chance d’être là où je suis …"