Elle ne souhaite pas parler ici de victoire. "Je considère que quand on est élu, on doit obéir à la loi. Nous étions plusieurs à penser, avec Alexandre Loffet, plusieurs conseillers communaux ou des citoyens, que le Code de la démocratie avait été détourné" (par le vote d'une motion de méfiance mixte visant à la destituer, elle et son échevin, et installer une nouvelle majorité PS-MR-CDH-Nouveau Verviers avec Jean-François Istasse comme bourgmestre). Et la plus haute juridiction administrative vient de lui donner raison.

La bourgmestre sortante, qui va donc pouvoir retrouver son bureau à l'Hôtel de ville dès lundi - le temps de permettre à Jean-François Istasse de faire ses cartons- dit-elle, fait appel "à tous les membres du conseil communal pour que, dans cette situation de crise sanitaire à gérer, on se dise stop aux montages juridiques pour installer une nouvelle majorité et que l'on avance dans les projets importants pour Verviers". "Le échevins peuvent aussi dire stop à leur parti, en disant 'on essayé de faire un montage, on n'a pas réussi et la décision du Conseil d'Etat doit être respectée'". Et de poursuivre: "Pour des raisons politiques, on a profité de ma faiblesse pour me faire tomber, mais le Conseil d'Etat vient confirmer qu'on ne peut pas tout faire", pointant une tactique orchestrée, entres autres, par le député fédéral et conseiller communal Malik Ben Achour PS, qui convoiterait le siège mayoral aux prochaines élections.

Elle appelle désormais à ce que les membres de l'ancien collège puissent retravailler ensemble dans le calme, "entre adultes", pour le bien de Verviers et des Verviétois. Un collège est d'ailleurs prévu cet après-midi, à 16h30, avec l'ensemble des échevins de l'ancienne majorité (PS-MR-Nouveau Verviers) installée après les élections de 2018, au cours duquel "on va refixer les compétences". C'est donc reparti pour un nouveau jeu de chaises musicales. On se demande par ailleurs quelle sera l'ambiance entre les ex-dissidents et les toujours fidèles de la bourgmestre...

"Le seul parti valable à prendre c'est celui de Verviers"

L'échevin MR du Développement territorial et franc-tireur Freddy Breuwer, qui a jusqu'ici affiché plus de neutralité quant aux événements déroulés, a communiqué ce vendredi à l'annonce du verdict, invitant les conseillers communaux à penser au bien de Verviers, en dehors des jeux particratiques : "L'arrêt vient de tomber. Le Conseil d'Etat invite manifestement à un sursaut démocratique. Et invite à réfléchir à l'esprit comme à la lettre du Code de la démocratie (CDLD). Aucune voie juridiquement critiquable ne peut désormais être envisagée. Il incombe aux 37 conseillers communaux élus par l'ensemble des citoyens vervietois, de décider en dehors des jeux particratiques, ce qui est démocratique et bon pour Verviers. Le seul parti valable à prendre c'est celui de Verviers. La Bourgmestre Muriel Targnion réunit le Collège dès aujourd'hui à 16 heures 15. Je m'y rends bien décidé à permettre à la ville de fonctionner comme il se doit et à faire en sorte que les projets prioritaires pour son redressement puissent avancer plus rapidement".