Henry Generet a tué son ex-compagne de deux coups de couteau

Les différents avocats des parties civiles qui ont pris la parole jeudi matin devant la cour d'assises de Liège ont insisté sur la personnalité violente d'Henry Generet. Ils ont dénoncé des faits qui doivent, selon eux, être qualifiés d'assassinat. Laetitia Depouille, une Verviétoise âgée de 25 ans, avait été frappée de deux coups de couteau le matin du 12 octobre 2017 dans l'appartement qu'elle occupait à Dison. Elle était l'ex-compagne de l'accusé et était la mère de trois enfants. Henry Generet (37 ans) purgeait une peine de prison mais, le jour des faits, il bénéficiait d'un congé pénitentiaire.

Avocat des membres de la famille de la victime, Me Van Nuffel a regretté l'attitude affichée par Henry Generet depuis le début du procès. "Il disait n'avoir rien à cacher et se présenter avec franchise et loyauté mais nos illusions sont perdues. Il n'a formulé aucun regret et il a tué une deuxième fois Laetitia Depouille en souillant son image. Il n'a pas formulé de regrets ou hurlé son amour indéfectible pour elle. Il a préféré ternir son souvenir", a annoncé l'avocat.

La partie civile a décrit Laetitia Depouille comme une femme qui avait le cœur sur la main, prête à aider les gens dans la difficulté, qui vivait au rythme de sa jeunesse et qui aimait les couleurs de la vie. "Ses couleurs, c'étaient ses trois enfants. Elle les aimait au quotidien et ils ne manquaient de rien. Mais sa fragilité, c'était qu'elle avait ce sentiment de devoir s'investir corps et âme dans une relation amoureuse. C'est ce qui a causé sa perte par rapport à l'ambivalence du comportement de Generet", a plaidé Me Van Nuffel.

Le conseil des victimes a rappelé que, depuis l'âge de 15 ans, Henry Generet a subi 16 ans de privation de liberté. A son palmarès figurent plus de 100 infractions et 6 jugements pour des faits graves. "Il n'a pas commis un crime d'amour. Peut-être un crime de jalousie. Mais surtout un crime de possession. Laetitia n'était pas la femme qu'il aimait, elle était l'objet de sa possession", a affirmé Me Van Nuffel.

Pour les parties civiles, Henry Generet a bien commis un assassinat. Il a prémédité la mort de Laetitia Depouille. Henry Generet était de dos lorsqu'il a porté le premier coup d'égorgement. "Il a eu le temps de poser et de réfléchir à son acte", affirment les conseils des victimes.

Me Thunus a évoqué le terme "féminicide" pour qualifier l'acte commis par l'accusé. "Il a préféré tuer sa compagne plutôt que de la voir échapper à son contrôle", a plaidé cette avocate.

Les autres avocats des victimes, Me Géréon, Me Piron, Me Rigo et Me Nicolini, ont encore insisté sur la personnalité de l'accusé et sur le climat d'intimidation qu'il faisait subir à Laetitia Depouille. Les parties civiles ont rappelé qu'Henry Generet a porté deux coups de couteau à la victime. "Ces coups sont très précis et nets. Mais la préméditation de ces faits est longue. Il avait proféré des menaces précises. Un mois avant les faits, il avait la rage", a indiqué Me Nicolini.