Le tribunal correctionnel de Verviers s'est, une nouvelle fois, penché mardi, sur le dossier qui oppose Christian Kairis à Nathalie Marly. Cette dernière avait accusé son colistier de l'avoir agressée en février 2018, en plein campagne électorale en vue des élections communales d'octobre 2018.

Alors que Christian Kairis était troisième sur la liste, le MR verviétois avait recruté Nathalie Marly pour occuper la seconde place.

Des tensions sont apparues au sein du MR alors que Muriel Targnion avait riposté à une attaque de la candidate portant sur la manière de la bourgmestre de faire de la politique.

Sur base du scandale qui avait éclaté, Christian Kairis avait plaidé en faveur du retrait de Nathalie Marly. Une décision qu'elle a prise quelques jours à peine après avoir été présentée par les libéraux. En août, il est apparu que la candidate avait porté plainte, pour coups et blessures contre son colistier. Dans le cadre de ce dossier, la chambre du conseil avait prononcé un non-lieu à l'encontre du Verviétois.

Estimant que sa débâcle électorale fait suite cette dénonciation calomnieuse, le libéral a, à son tour, déposé plainte contre Nathalie Marly.

Pour son avocat, il ne fait autant doute que l'article 445 du code pénal, qui concerne la dénonciation calomnieuse, doit s'appliquer. "Toutes les conditions sont réunies, en ce compris l'intention méchante et donc la volonté de nuire à mon client", a indiqué l'avocat de Christian Kairis qui a réclamé un montant de 100.000 euros pour les dommages encourus.

De son côté, le ministère public estime également que cette prévention est établie. La magistrate s'est montrée clémente et a demandé une suspension du prononcé.

Du côté de la défense de Nathalie Marly, Me Gilissen a soutenu qu'il n'avait aucune intention de nuire à Christian Kairis. "Ma cliente a tout mis en oeuvre pour que cette affaire ne s'ébruite pas. Elle voulait protéger la liste MR en vue des élections. Elle s'est sentie ridicule. Elle l'a laissé entrer pour discuter et depuis cette entrevue, elle n'est plus la même, sa vie a basculé. Déposer une plainte, qui n'aboutit pas, ne peut pas être constitutif de l'infraction de dénonciation calomnieuse. Ma cliente n'est pas responsable du traitement médiatique qui a été réservé à ce dossier", a martelé Me Gilissen qui estime que le lien de causalité entre la plainte et la défaite électorale n'est pas établi.

Le jugement est attendu le 29 juin.