Depuis 2020, c’est un véritable bras de fer qui oppose la Ville de Spa à Fedasil et au gestionnaire privé Svasta, qui gère l’accueil de réfugiés au centre Sol Cress. Dès l’annonce de ce projet, la bourgmestre Sophie Delettre (MR) a d’emblée contesté le nombre de personnes que Svasta comptait héberger sur place, notamment lorsque la pandémie était à son plus haut niveau. Dans nos colonnes, 19 bourgmestres de l’ASBL Région de Verviers ont dénoncé la gestion du centre par la société privée et le grand nombre de réfugiés "livrés à eux-mêmes", "sans évaluation mise en place".

Le domaine de vacances "Sol Cress" à Spa héberge des demandeurs d’asile depuis le 20 juillet dernier. Fedasil a confié la gestion du centre à la société privée Svasta, dans le cadre d’un marché public.

Face aux critiques, Fedasil se justifie: "Ces dernières semaines, Fedasil a été contrainte d'augmenter le rythme des arrivées à Spa, dans un contexte général de pression sur son réseau d'accueil. En conséquence, nous n'avons pu étaler les arrivées et faire les évaluations intermédiaires comme initialement prévu".

Le centre d’accueil à Spa, qui dispose d’une capacité de 550 places, héberge actuellement 411 personnes.

"La pression sur le réseau de Fedasil s’explique par de multiples facteurs, comme la hausse des demandes d’asile en Belgique, une perte de capacité d’accueil suite aux inondations en juillet dernier, la réinstallation de réfugiés syriens, le rallongement de la durée de séjour dans les centres et l’opération de rapatriement d’Afghanistan. De plus, les centres d’accueil doivent réserver une partie de leurs places pour l’isolement Covid". Fedasil dit d'ailleurs chercher activement des places supplémentaires pour augmenter rapidement sa capacité.

Soutien et contrôles

"Ce contexte migratoire n’est pas sans conséquences pour l’équipe du nouveau centre à Spa", ajoute Fedasil. Afin que Svasta puisse trouver rapidement son rythme de croisière, Fedasil dit apporter un soutien pour l’accompagnement médical et social des résidents. "Svasta doit encore recruter du personnel supplémentaire. Une équipe de 34 équivalents temps plein est prévue pour le centre".

Dans le même temps, Fedasil affirme assurer un suivi permanent "des conditions d’accueil dans le centre, de son fonctionnement interne, des mesures de sécurité incendie et des mesures sanitaires imposées dans le cahier des charges". De nombreux contrôles spécifiques et audits ont été réalisés et d’autres sont encore planifiés dans le centre. "Des réunions de concertations sont également prévues avec les services communaux et la bourgmestre de Spa".

Et d'ajouter que différentes mesures ont déjà été prises par Svasta, notamment une meilleure sensibilisation des résidents sur les comportements à adopter sur le voie publique, une offre renforcée d’animations, la mise à disposition de gardiens pour superviser l’utilisation du funiculaire et la planification d’une campagne de vaccination Covid.

Si les infrastructures du site de Sol Cress permettent un accueil de très bonne qualité, Fedasil dit assure un contrôle permanent du site. "L’Agence porte une attention particulière au respect des normes et prend toutes les mesures utiles pour qu’elles soient respectées. En tant que gestionnaire du réseau d’accueil, Fedasil effectue d’ailleurs des contrôles dans tous les centres en Belgique – donc y compris dans les centres qui sont gérés par des opérateurs privés".

Opérateurs privés ? L’appel au secteur privé a permis à Fedasil de bénéficier à court terme et temporairement de places d’accueil supplémentaires – ce qui permet, lorsque la capacité existante ne suffit pas (comme en période de crise de l’asile), d’héberger tous les demandeurs primo-arrivants. Le recours à des sociétés privées est organisé via un marché public, avec l’accord du gouvernement fédéral. Les contrats avec les sociétés sont prévus pour une durée de 12 mois, avec une prolongation possible de 6 mois maximum en fonction des besoins d’hébergement.

Le réseau d’accueil de Fedasil compte actuellement près de 28.000 places d’accueil, réparties dans 79 centres collectifs (dont 4 centres gérés par des opérateurs privés) et des logements individuels organisés par des CPAS et des associations. L’occupation dans les centres est actuellement de 96%. Plus d’infos sur www.fedasil.be