L’année 2020 se clôturait à Verviers par le vote du conseil communal (32 voix pour et 3 abstentions du PTB) d’un (premier) douzième provisoire. 2 021 démarre donc sans budget et sans accord de nouvelle majorité.

On le sait, après la décision d’Ecolo début décembre de ne pas partir dans une équipe incluant le groupe LIVE (ex-socialistes) et Bernard Piron (ex-CDH), une seule solution reste désormais possible : le cartel (MR-CDH-Nouveau Verviers) - qui maintient le bloc uni de 15 élus, et le PS et Ecolo (14 élus). Ceux-ci doivent s’accorder au sein d’une Union communale en vue de constituer une nouvelle majorité qui permettrait à Verviers d’enfin sortir de plusieurs mois de crise politique, et de voter le budget 2 021.

Mais se partager le gâteau en cinq s’avère difficile pour ne laisser personne sur sa faim. Deux réunions ont déjà eu lieu entre les partis. Si certains dossiers coincent encore (notamment en matière d’urbanisme entre le MR et Ecolo qui souhaite davantage une densification en centre-ville), il semble que cela soit surtout la formation du collège et la répartition des compétences dans l’équilibre des rapports de force qui se discute, bien que la volonté soit de ne pas trop bousculer les portefeuilles des échevins en place.

Si les discussions avancent, le PS aimerait "qu’on accélère le rythme, que le budget soit construit par les futurs partenaires et puisse enfin être voté", soutient le chef de groupe Malik Ben Achour qui se dit optimiste sur une issue finale dans les prochaines semaines, dans la première quinzaine de février. Quant au nom du futur bourgmestre, il semble que celui de Hasan Aydin (2e score) ne fasse plus l’objet d’un refus catégorique côté Cartel, à moins évidemment qu’il ne décide de démissionner du conseil communal (en restant président du CPAS) pour laisser la place à Malik Ben Achour (3e).

Quatre hypothèses

Mais pour installer la nouvelle majorité, si accord, les élus devront retirer la motion de méfiance suspendue. " Cela va ouvrir la possibilité de déposer une nouvelle motion à l’égard du collège actuel", explique Geoffrey Granjean, politologue à l’ULiège. "Ou ils peuvent attendre l’arrêt du Conseil d’État", ce qui n’est pas pour toute de suite.

Si le blocage toutefois persiste, "la Région wallonne pourrait envoyer un commissaire de gouvernement pour gérer une série de compétences liées à la Ville. Cela pourrait pousser les élus à trouver une solution".

Dernière et quatrième hypothèse : "Le Code de la démocratie offre la possibilité au collège de démissionner (avec l’accord de chaque membre et du conseil communal). Les élus ont ensuite 30 jours pour présenter un nouveau pacte de majorité. Passé ce délai, la Région wallonne peut envoyer un conciliateur. Si cela n’aboutit à rien, la Région peut organiser de nouvelles élections". À suivre…