Le tribunal correctionnel d'Eupen s'est penché, mardi, sur un dossier concernant des retraits d'argent et des achats effectués avec des cartes bancaires volées à des seniors. Deux individus étaient cités à comparaître. Ils sont suspectés d'avoir commis, entre le 8 juin et le 10 décembre 2020, une vingtaine de vols de cartes bancaires un peu partout en Wallonie.

"Le 24 octobre 2020, un fait est signalé à Saint-Vith. Un homme qui effectuait un retrait d'argent liquide a été espionné lorsqu'il tapait son code secret. Il a ensuite été suivi par les prévenus jusqu'à son domicile. Là, un des deux protagonistes lui a demandé de l'eau pour mettre dans sa voiture qui était en panne. Le vieil homme s'est exécuté et a rempli plusieurs bidons d'eau mais, à un moment, il a vu l'un des deux individus sortir de son salon. Plus tard, il a constaté que sa carte bancaire avait été dérobée et que des retraits et des achats, pour près de 7.000 euros, avaient été effectués", a expliqué le procureur du Roi qui est revenu sur les différents stratagèmes utilisés par les prévenus qui s'en prenaient toujours à des personnes âgées.

"Le 5 décembre, la victime a retiré de l'argent à Saint-Vith puis a fait des courses. Devant le magasin, un individu lui a frotté la nuque et lui a expliqué qu'elle avait une fiente d'oiseau dans le cou. Plus tard, elle a constaté que sa carte bancaire avait disparu. Neuf payements avaient été effectués avec son compte dans des magasins Night and Day dans le namurois", a détaillé le procureur qui a ajouté que dans certains cas, les auteurs n'hésitaient pas à crever un pneu du véhicule de la victime après avoir espionné son code secret à un distributeur. L'un d'entre eux se présentait alors comme une personne serviable et proposait de remplacer la roue. Une manière de distraire la victime et de lui dérober sa carte bancaire.

Des liens ont été effectués entre différents faits et l'enquête a permis de déterminer que les deux prévenus circulaient à bord de la voiture de l'épouse de l'un de ces derniers.

Grâce à l'analyse de la téléphonie et des images de caméras de surveillance ainsi que la présence de la voiture à proximité des lieux des faits, les enquêteurs ont pu retracer le parcours des deux voleurs qui ont été interpellés le 30 décembre à Saint-Vith.

Si dans un premier temps ils ont nié les faits, l'un d'eux est passé aux aveux et a reconnu 17 préventions sur les 20 mises à sa charge. Le second reconnait uniquement celles pour lesquelles le tribunal dispose de preuve, alors même que le premier suspect a déclaré avoir toujours agi en compagnie du second.

Le préjudice total avoisine le 55.000 euros, a souligné le ministère public qui a requis des peines de 48 et 30 mois de prison à l'encontre des prévenus.

Du côté de la défense, on estime que tous les faits commis en Belgique sur base du même modus operandi ne peuvent pas leur être attribués. On demande qu'ils soient acquittés des faits contestés. Les avocats ont souligné que même si les victimes étaient ciblées pour leur vulnérabilité, les auteurs n'ont jamais fait usage de violence. Ils réclament, à titre principal, des peines de probation autonome ou de travail.

Jugement le 20 juillet.