Avant les inondations, il y avait des martins-pêcheurs au-dessus de Verviers", observe un passionné de nature et bénévole de la Régionale Marquisat de Franchimont, Philippe Thimister. "Aujourd’hui, on ne sait plus du tout où ils se trouvent, on ne sait plus les localiser."

Pour lui, nul doute, les dégâts causés par les pluies torrentielles en sont responsables. "C’est le retour général que l’on a des autres passionnés du bord de l’eau", s’inquiète par ailleurs Serge Tiquet, son collègue de Natagora.

Alors, il faut agir, actionner le recensement, poser des nichoirs à gauche et à droite en bord de Vesdre. "Il est plus facile d’effectuer ce recensement dans un nichoir que dans un abri naturel. D’autant que pas mal de berges sont dévastées. Certains arbres ont disparu. Il faut donner un coup de pouce aux oiseaux le temps que la nature reprenne le dessus."

Besoin de bénévoles

Si ce projet d’installation de 150 nichoirs pour oiseaux des bords d’eau et 60 autres spécifiquement pour martins-pêcheurs émane de la Gestion des cours d’eau non navigables du SPW, avec le Contrat Rivière, Natagora s’inscrit pleinement dans la démarche en faisant appel à toutes les bonnes volontés sur le terrain. "Il faut des bénévoles pour installer les nichoirs et aussi pour les entretenir". Soit les nettoyer une fois l’an "pour éviter la propagation des maladies" et effectuer l’inventaire des espèces qu’on y trouve.

L’objectif est de pouvoir évaluer l’étendue des dégâts sur la biodiversité. Avec la certitude "que, quel que soit l’impact, la nature reprendra ses droits mais il faudra des années", regrette Natagora. Des années aussi pour pouvoir avoir une vision claire de cet impact.

"C’est un travail de longue haleine qui débute", commente Serge Tiquet. "Il est difficile à ce jour de déjà disposer de données sur le sujet. Il faudra plusieurs saisons pour avoir des résultats. Certaines espèces sont au repos. Par exemple, la grenouille rousse ne va pas à la reproduction chaque année, donc il y a des hausses et des baisses de population d’une année à l’autre. Il faudra voir cela sur le long terme". D’où l’intérêt de faire appel aux bénévoles pour aider au retour de cette biodiversité et au diagnostic post-inondations.

Natagora rappelle que le bénévolat n’est pas la seule manière d’agir sur les suites de la catastrophe. Si on habite au bord de l’eau (et même si ce n’est pas le cas), l’installation d’un nichoir chez soi est une petite goutte importante dans cet océan d’actions qui doivent être menées, pour autant qu’il soit "pensé dans une globalité, c’est-à-dire avec des zones refuges autour, soit de la végétation adéquate pour manger, se protéger".