Ils ont été reconnus coupables de l'assassinat de Joseph Lenaerts

Le procès de Kathrin Hilpert et de son fils, Christian Karkuth, s'est clôturé ce mercredi après-midi par la condamnation des deux accusés. Après avoir été reconnus coupables de l'assassinat de Joseph Lenaerts, ils ont respectivement été condamnés à la perpétuité et à une peine de 30 ans de prison par la cour d'assises de Liège, qui se tient à Eupen. Les jurés ont suivi les réquisitions de l'avocat général qui réclamait la perpétuité pour elle et 25 ans de prison pour lui. Ils ont même été plus sévères puisque Christian Karkuth se voit infliger une peine de cinq ans supérieure à ce qu'avait demandé l'avocat général.

Le jury populaire n'a pas été sensible aux arguments soulevés par les avocats de la défense.

Denis Barth, l'avocat de l'assassin de Joseph Lenaerts avait demandé aux jurés d'examiner les éventuelles circonstances atténuantes qui auraient pu lui permettre de ne pas passer les 25 prochaines années de sa vie en prison. Il avait notamment souligné que les déclarations de son client n'avaient pas varié et qu'il a toujours collaboré avec les enquêteurs. L'avocat de la défense était aussi revenu sur l'attachement de Christian Karkuth à la notion de famille. Une famille et de l'amour qui lui ont manqué depuis son enfance. "Alors qu'il était en prison, il a écrit à son père pour lui demander de lui rendre visite. Cette lettre est restée sans réponse et son père ne s'est jamais présenté à la prison. Durant ce procès, on a également remarqué à quel point il était seul. Les témoins de moralité qui étaient convoqués pour venir parler de lui, peut-être en bien, ne se sont pas présentés", avait indiqué l'avocat qui espérait une décision clémente des jurés.

Patrick Thévissen, l'avocat de Kathrin Hilpert, avait lui aussi tenté d'influencer les jurés afin qu'ils revoient à la baisse la peine requise par l'avocat général. Me Thévissen avait ainsi démarré sa plaidoirie en citant des noms de personnes condamnées à la perpétuité: Marc Dutroux, Geneviève Lhermitte ou encore Radovan Karadzic. L'avocat avait alors estimé que sa cliente "n'est pas un monstre de cette catégorie. Elle ne doit donc pas être condamnée à cette peine, qui est la plus lourde". Me Thévissen avait ensuite souligné les difficiles conditions d'incarcération auxquelles sa cliente serait ainsi soumise durant les années à venir. "La perpétuité, c'est la mort lente en prison. En optant pour une peine plus courte, vous affirmerez au monde que la prison peut être bénéfique et que certains détenus peuvent en sortir meilleurs. Vous affirmez aussi qu'il y a, en toute personne, un peu d'humanité", avait conclu l'avocat de l'accusée.