Le conseil communal de la Ville de Verviers, réuni en séance publique ce lundi 29 mars par visioconférence, a sur proposition du conseiller communal Ecolo Jean-Sebastien Mahu, voté une motion (à 34 voix pour et 3 abstentions du PTB) visant à condamner les persécutions envers les Ouïghours et les autres minorités musulmanes en Chine.

Par cette motion, le conseil communal demande que :

"La Belgique évalue l’existence d’un risque sérieux de commission d’un génocide contre la minorité musulmane ouïghoure au Xinjiang ; Des délégations internationales puissent se rendre en toute indépendance et liberté de mouvement dans la région du Xinjiang afin d’enquêter sans contrainte sur les camps qui s’y trouvent et la répression dénoncée à l’encontre des Ouïghours et autres minorités musulmanes ; Selon les résultats de ces enquêtes, des sanctions sévères puissent être envisagées par les gouvernements européens et les organisations internationales à l’encontre des responsables présumés de cette répression ; Toujours en fonction des résultats de ces enquêtes et de la gravité des faits qui pourraient être révélés dans ce cadre, des juridictions internationales puissent se saisir du dossier en toute indépendance ; De manière générale, les gouvernements belges et européens se prononcent en totale opposition à l’existence de « camps de rééducation par le travail » en Chine et également aux événements qui sont dénoncés ; Les 83 entreprises multinationales, listées dans un document intitulé « Uyghurs for sale » établi par l’Australian Strategic Policy Institute, cessent immédiatement toute collaboration pour l’exploitation de main d’oeuvre issue de la Province du Xinjiang en attendant les résultats des enquêtes internationales ; La législation soit adaptée pour qu’en toute circonstance, la complicité de l’exploitation forcée de travailleurs soit formellement interdite et durement sanctionnée ; La Belgique et les états européens mettent en place une politique d’aide et d’accueil spécifique pour les Ouïghours et autres minorités musulmanes qui fuient le Xinjiang".

La Ville de Verviers, en tant que commune hospitalière, "marque sa solidarité avec les prises de position en faveur de la défense des droits des Ouïghours et autres minorités persécutées au Xinjiang". La Ville de Verviers s’engage aussi à être porte-parole auprès des autorités politiques belges des Ouïghours et autres minorités musulmanes qui sont enfermées dans ces « camps de rééducation » et font l’objet d’une répression dénoncée au niveau international.

Le conseil communal de la Ville de Verviers demande enfin que cette motion soit envoyée au Premier ministre, à la Ministre des Affaires Etrangères, aux Ministes-Présidents des Entités fédérées, ainsi qu'à l’ensemble des présidences de partis représentés au sein des différents parlements belges.