À l’heure du numérique, le dessinateur de presse soulève des réactions, critiques et débats qui n’existaient pas il y a vingt ans. Les réseaux sociaux bouleversent les perceptions d’idées et la liberté d’expression. Arme d’expression dans les pays non démocratiques, les réseaux sociaux sont aussi une arme puissante dans les pays occidentaux comme rejet de cette démocratie. Un dessin peut être mal interprété, incompris et prétexte à la violence, comme en témoigne l’attentat contre Charlie Hebdo en janvier 2015.

À la demande de Virgile Gauthier, directeur de l’abbaye disparu en 2020, et à l’occasion des 15 ans de la création de Cartooning for Peace (Paris), réseau international réunissant 225 dessinateurs suite à l’affaire des caricatures danoises de Mahomet, l’Abbaye de Stavelot et l’association se rejoignent pour présenter la nouvelle expo "Dessiner en paix : dessin de presse et liberté", avec pour commissaires le dessinateur Pierre Kroll et l’historienne Manuela Valentino.

"On est 255 dessinateurs, on n’est d’accord sur rien, mais on est d’accord sur une chose : le débat", affirme le dessinateur français Plantu, au cours d’une visite inaugurale de l’événement. "La liberté d’expression est un paradoxe, témoigne Pierre Kroll, ça a l’air facile mais c’est difficile".

Focus mondial et belge

La première partie de l’exposition, salle Prume, présente une sélection de dessins de presse du réseau international sur les grands sujets de société et la liberté d’expression : censure, droits des femmes et des minorités, urgences écologiques, migrations, pédophilie, etc. En petit ou grand format, les 180 dessins exposés (dont des originaux) dénoncent et traduisent avec humour et ironie les préoccupations des citoyens, avec un focus sur dix dessinateurs comme Antonio (Portugal), Hossam Al Saadi (Syrie), Kichka (Israël), Kroll (Belgique), Lopatin (Russie), Plantu (France), etc.

Des interviews de dessinateurs de presse expliquent les "limites" du dessin de presse, tandis que des capsules vidéos nous plongent dans leur quotidien. L’expo intègre aussi des modules pédagogiques pour les enfants.

La seconde partie de l’exposition (deuxième étage) propose quant à elle un focus sur le dessin belge depuis 1830 selon différentes thématiques : royauté, Belges célèbres, crises communautaires, scandales politiques…

Démarrée ce vendredi 11 juin, l’exposition est visible jusqu’au 6 mars 2022.

Prix : 10 euros (adultes), 8,50 euros (enfants).