Un habitant de Louveigné, né en 1996, a comparu mercredi devant le tribunal correctionnel de Verviers. Il lui est reproché d'avoir franchi, le 28 avril dernier, un barrage de police à Theux. Ces faits lui valent d'être poursuivi pour rébellion armée et entrave méchante à la circulation. Bien connu de la justice, le jeune homme, qui ne détient pas de permis de conduire, circulait à bord d'un véhicule en défaut d'assurance et de contrôle technique. Par ailleurs, il avait apposé sur sa voiture la plaque d'immatriculation du véhicule appartenant à son beau-père, décédé quelques jours plus tôt.

Le jour des faits, vers 20h30, le chauffard avait aperçu un contrôle routier. Plutôt que de se soumettre à une éventuelle vérification, le jeune homme avait décidé d'accélérer et de passer à côté du barrage installé par les forces de l'ordre. Un policier à moto avait alors pris le conducteur en charge.

Lors de l'audience, le motard expliquera avoir poursuivi le conducteur à une vitesse qu'il a estimée entre 120 et 150 km/h, sur la nationale, limitée à 90 km/h. "Le conducteur a alors brusquement freiné, obligeant le motard à se déporter sur l'autre bande de circulation", a expliqué le juge. "Une fois à la hauteur du véhicule, ce dernier a fait des zigzags de manière à envoyer le policier dans le décor", a ajouté le juge lors de l'instruction d'audience.

Malgré l'intervention d'un second véhicule de police, ce n'est qu'un coup de feu, un coup de semonce, qui mettra un terme à la course poursuite.

Poursuivi pour rébellion armée et entrave méchante à la circulation, le jeune homme qui a déjà fait l'objet de deux condamnations, dont une à 30 mois de prison, a reconnu avoir forcé le barrage de police. "J'ai pris une mauvaise décision. J'avais peur que l'on ne me retire ma voiture", a indiqué le chauffard, soutenant qu'il avait besoin de son véhicule pour se rendre au travail.

Tout comme ses avocats, l'habitant de Louveigné a assuré qu'il n'avait pas l'intention de nuire au policier. "Je n'ai pas freiné exprès. Les zigzags non plus n'étaient pas volontaires. J'ai essayé de ramasser mon téléphone qui était tombé pour passer un coup de fil", a justifié le prévenu.

Pour le ministère public qui réclame une peine de 3 ans de prison, l'homme n'est pas un chauffeur maladroit comme il a tenté de le faire croire. C'est un criminel qui a mis en danger la vie du policier mais aussi de tous les autres usagers de la route. "Il est temps de mettre un terme au parcours judiciaire de ce jeune homme qui parvient à embobiner tout le monde avec ses belles paroles. Il n'a effectivement pas eu une vie simple mais si la justice ne prend pas ses responsabilités, on se retrouvera face à un drame", a martelé la substitut du procureur du roi.

En plus de ces infractions, un couteau à cran d'arrêt et des stupéfiants ont été retrouvés dans le véhicule.

La défense a joué la carte de l'émotion, retraçant son parcours difficile, le décès récent de sa grand-mère et de son beau-père. Le futur accouchement de sa compagne et l'hospitalisation de sa maman. "Même si sa mère l'a abandonné, il s'occupe d'elle. S'il cherchait son téléphone tombé au sol, c'était pour prévenir sa compagne et lui demander de prendre soin de sa maman", a détaillé son avocat qui a plaidé en faveur de mesures de probation.

"La prison n'est pas la bonne solution pour mon client. Il a un bon fond et a repris sa vie en main. Une peine de probation autonome lui permettra de poursuivre le travail entamé", a conclu l'avocat de la défense.

Trois policiers, dont le motard, se sont constitués parties civiles.

Jugement le 9 juin.