Le climat est de plus en plus tendu chez Shur-Lok International à Petit-Rechain: les travailleurs se sentent humiliés par les montants proposés par la direction dans le cadre du volet social, des montants qualifiés "d'indécents" par les syndicats.

L’entreprise veut licencier du personnel et ce , "sans trop délier les cordons de la bourse alors qu'elle se porte bien et fait de pantureux bénéfices", continuent de concert FGTB et CSC.

"Malgré de longues et nombreuses négociations, la direction refuse d’indemniser correctement les travailleurs dont elle souhaite se séparer ; des travailleurs qui, faut-il quand même le rappeler, lui ont permis de maintenir les voyants au vert même au plus fort de la crise sanitaire. Pourtant ce qu’elle met actuellement sur la table est inférieur à ce qu’ont proposé certaines entreprises au bord de la faillite".

Un bureau de conciliation a eu lieu le 16 juin pour tenter de débloquer la situation… en vain. "L’employeur continue à camper sur ses positions. Profondément déçus par l’absence totale de reconnaissance d’une entreprise pour laquelle ils mouillent leur maillot, les travailleurs ont décidé d’observer, dès le lendemain, trois heures d’arrêt de travail chaque jour. La réponse de Shur-Lok ? Le non-paiement des heures prestées ces jours-là ".

Une annonce qui, on s'en doute, a encore attisé la colère du personnel. Depuis mardi, il s’est mis en arrêt complet.

Spécialisée dans la fabrication de fixations métalliques pour l’aéronautique, l’entreprise Shur-Lok International de Petit-Rechain affiche des résultats positifs depuis plusieurs années, y compris en 2020. Pourtant, à la mi-septembre, elle a annoncé son intention de licencier 33 personnes sur les 93 occupées sur le site.

Lors du démarrage de la procédure Renault, la direction a dû être recadrée par le SPF Emploi parce qu’elle n’était pas dans les clous. "En outre, au fil des négociations, les organisations syndicales, en front commun, ont démontré qu’une série de chiffres présentés par la direction étaient erronés et elle a bien dû en convenir".

Le nombre de licenciements annoncés a pu être réduit de moitié : il est passé de 33 à 15 emplois menacés. "Cependant, dès l’ouverture des débats sur le volet social, Shur-Lok a fait preuve d’un irrespect envers ses travailleurs, un irrespect d’autant plus scandaleux en regard des dividendes versés chaque année aux actionnaires !" Ambiance...