Le tribunal correctionnel de Verviers s'est une nouvelle fois penché, vendredi, sur un dossier relatif à des violences familiales. Les faits ont été découverts en septembre 2020 alors qu'un garçon de 11 ans venait d'être admis à l'hôpital. "Il présentait des pétéchies au niveau des yeux et d'autres lésions au niveau du cou et de la nuque. Suspectant de la maltraitance, l'hôpital a averti le parquet qui a désigné un médecin légiste", a indiqué le ministère public. D'après les conclusions du médecin légiste, les lésions ne peuvaient avoir été occasionnées que par une strangulation.

La belle-mère de la victime, qui comparait détenue, avait expliqué ces stigmates par diverses histoires farfelues. Elle avait notamment indiqué que la famille s'était rendue à la mer et que l'enfant avait eu du sable dans les yeux ou encore qu'il avait fait une réaction allergique aux crevettes.

Lors de l'une de ses auditions devant le juge d'instruction, le père a fait état d'une dispute concernant des crevettes ramenées de la côte et qui avaient disparu du frigo. Le gamin était tenu pour seul coupable de ce larcin. Énervé par la mauvaise foi de son fils, le père avait reconnu avoir "retourné sa chambre". Deux jours plus tard, l'enfant a été admis à l'hôpital.

Le couple avait été arrêté et inculpé pour tentative de meurtre. Ce n'est que lors de l'audience du mois de mai dernier que le père de famille a reconnu avoir empoigné son fils lors de cette dispute. Alors qu'il a été libéré et que sa compagne est en détention préventive depuis 8 mois, il a aussi reconnu qu'il était seul dans la chambre de son fils au moment des faits.

Pour le parquet, au vu de ces nouveaux éléments, la tentative de meurtre ne peut pas être retenue contre la prévenue mais uniquement contre le père de l'enfant. Pour ces faits, la magistrate a requis une peine de quatre ans de prison à l'encontre du père de famille.

La prévenue, elle, doit aussi répondre de coups et blessures sur deux de ses enfants, nés d'une précédente union, ainsi que de harcèlement sur son beau-fils. Le parquet a demandé à son encontre, une peine de deux ans d'emprisonnement.

Pour l'avocat du père de famille, la prévention de tentative de meurtre ne peut pas être retenue. Si le prévenu a reconnu avoir empoigné son fils, il n'avait pas l'intention de le tuer. "Il n'était pas conscient que son geste pouvait mener à la mort de son enfant", a expliqué l'avocat qui a plaidé en faveur d'une requalification des faits en coups et blessures volontaires. A titre principal, il a demandé une peine avec un sursis probatoire.

La défense de la mère de famille a souligné le fait que la prévenue devait être acquittée de la tentative de meurtre ainsi que des coups et blessures sur son beau-fils. Pour les faits de violence sur ses enfants, son avocat réclame également une peine de probation.

Jugement le 18 juin.