À Verviers, la Vesdre n’est pas un long fleuve tranquille. Encore moins depuis le nouvel arrêté de démolition pris par la bourgmestre Muriel Targnion qui ordonne à City Mall la démolition de 18 immeubles pour le 12 février au plus tard, pour cause de sécurité publique, sur base d’une expertise réalisée en urgence.

Une mesure prise comme une déclaration de guerre faite à City Mall et à la Région wallonne dont la fonctionnaire déléguée avait demandé fin janvier la suspension du premier arrêté de démolition, et jugé cette "contre-expertise organisée par la Ville insuffisante".

Si l’ASBL de défense du patrimoine Communauté Historia se réjouit que la Ville s’inscrive dans la conservation de certaines maisons, et la préservation de façades, "beaucoup de démolitions ne sont pas justifiées". Ainsi, selon son président Virgil Declecq, le numéro 15, avec ses colombages, "ne présente pas de dégât visible proprement dit". L’ASBL se dit par ailleurs défavorable au démontage de façades, notamment celles des numéros 23, 25 et 27. "Nous recommandons plutôt un étançonnage des façades. Le bureau d’étude a omis de préciser que les pierres bleues sont fragiles à retirer. De même, la loggia moderniste en béton serait difficile à récupérer, voire impossible", explique le défenseur.

Autre exemple : "La Solderie du Spintay", aux numéros 71-73, immeuble éclectique datant XXe siècle, "est sain selon le rapport du bureau d’étude", tandis que l’immeuble aux numéros 75-77 serait à démolir, ce à quoi "nous marquons une opposition. Son intérêt architectural avec la maison voisine forme un ensemble qui devrait être protégé", d’autant que "la démolition de certaines constructions risque d’avoir une incidence sur les bâtiments adjacents".

Un nouvel inventaire

L’AWAP a de son côté d’ores et déjà réalisé un nouvel inventaire du patrimoine de la rue dont elle doit remettre le rapport prochainement, en espérant que la Ville y prêtera attention. Le ministre des Pouvoirs locaux Christophe Collignon (PS) a pour rappel sollicité une réunion avec la Ville et la fonctionnaire déléguée dans l’objectif de trouver une solution médiane.

Enfin, il nous revient de diverses sources que des pressions seraient exercées sur la fonctionnaire déléguée afin de museler celle-ci, provenant de cabinets ministériels MR… même couleur que celle de l’échevin de l’Urbanisme Freddy Breuwer.