Trois semaines de retard et, au final, un dossier qui devrait enregistrer un délai supplémentaire d’une année au moins. La décision du conseil communal spadois du 10 septembre dernier adoptant définitivement le Schéma d’Orientation local (SOL) dit de Mambaye-Hoctaisart vient en effet d’être refusée par le Ministre wallon compétent. En cause donc, ce retard administratif de quelques semaines dans une étape franchie au début du dossier, en 2018.

"La procédure est en effet totalement invalidée", nous confirmait ce lundi Yoann Frédéric, échevin de l’Environnement à Spa, qui précise que toutes les étapes (y compris l’enquête publique), devront à nouveau être franchies. Précisément, cette adoption du schéma d’orientation local est une condition préalable au projet immobilier porté par les demandeurs IDM Group et Spa Monopole ; un projet qui prévoit la construction au domaine de Mambaye, sur les hauteurs de Spa, du tout premier centre de vacances neutre en CO2 de Belgique.

Initialement, le projet de centre de vacances au domaine de Mambaye, connu pour accueillir des classes vertes depuis plusieurs décennies, comportait également un volet hôtelier. Face à la vive opposition des riverains toutefois cet aspect (hôtel de 80 chambres) a été abandonné cet été.

Dans les grandes lignes, le projet prévoit donc toujours la réalisation du centre de vacances destiné à redynamiser les activités au domaine. On parle de 150 maisons passives capables d’accueillir entre 4 et 12 personnes. Un bâtiment multifonctionnel doit également accueillir différents services communs et, enfin, les châteaux (Mambaye et Sous les haies), seraient rénovés pour accueillir une petite vingtaine d’appartements de vacances.

Principalement, c’est l’impact sur la mobilité (rue de Barisart) qui crispe les riverains et ce, même si les promoteurs annoncent vouloir favoriser la mobilité douce.

De son côté, le collège communal a indiqué que cette relance de procédure pouvait aussi représenter “une formidable opportunité d’améliorer encore le SOL au regard des remarques émises lors de l’enquête publique, principalement en ce qui concerne la mobilité, le cadre naturel et l’intégration dans l’habitat existant.Résolument tournée vers l’avenir, la Ville de Spa veillera à mener cette nouvelle procédure dans des délais raisonnables et en toute transparence”.

Spa, commune très (trop ?) âgée ?

Sans tomber dans la course au jeunisme, les autorités communales spadoises nous confirment aujourd’hui que l’une de leurs préoccupations est bien d’inverser une double tendance qui s’observe depuis plusieurs années : la diminution de la population et le vieillissement de celle-ci. Les projets immobiliers sont, doit-on comprendre, aussi envisagés dans cette optique.

En effet, alors que la population en Wallonie et en Belgique augmente, Spa est l’une des rares entités où les chiffres sont en baisse constante depuis plusieurs années. En 10 ans en effet, Spa a enregistré une perte de population de l’ordre de 3,3 % là où la moyenne wallonne a augmenté de 4,2 %. En 2010, on comptait 10 521 habitants à Spa ; en 2020, on en compte 10 170.

En outre, ce phénomène va de pair avec une population vieillissante. Spa est ainsi la quatrième commune wallonne avec la population la plus âgée. En 2020, l’âge moyen à Spa était de 45,7 ans contre 41,6 pour la Wallonie. En 1992, l’âge moyen à Spa était de 39,9 ans. Spa se classe même troisième si l’on ne tient compte que des indices relatifs aux personnes de plus de 60 et de plus de 80 ans. Enfin, Spa est aussi la 2e commune wallonne avec le plus faible taux de jeunes de moins de 20 ans (18,7 % contre 23,2 % en Wallonie).