Le parquet de Verviers a requis vendredi une peine de cinq ans de prison, avec mise à disposition du gouvernement, à l'encontre d'un ressortissant albanais de 24 ans poursuivi pour le viol d'une jeune femme la nuit du réveillon de Nouvel An au centre Fedasil de Jalhay. Le 31 décembre 2019, le camping du Spa d'Or, qui héberge des demandeurs d'asile, a organisé un réveillon de Nouvel An pour les réfugiés. Quatre Albanais, accompagnés de deux jeunes femmes, ont participé à l'événement. La soirée fut assez bien arrosée et le prévenu a fait montre d'une certaine autorité sur son clan.

Il a violenté la petite amie d'un de ses compatriotes avec un essuie imbibé de vin. Il l'a également tirée par les cheveux, un certificat médical attestant d'un hématome au cuir chevelu et d'une lésion à la lèvre. Il semble aussi avoir vouloir entretenir une relation sexuelle avec elle mais elle l'a repoussé, disant qu'elle était enceinte.

Le prévenu a alors jeté son dévolu sur la seconde jeune femme, âgée de 25 ans et ayant fui le Salvador où elle était la compagne d'un chef de gang ayant mystérieusement disparu. L'Albanais continuera à dicter sa loi sur l'ensemble du groupe jusqu'à obliger la victime à le suivre dans sa caravane.

"Je suis allé la rejoindre dans le lit. Elle m'a dit qu'elle ne voulait pas entretenir de relations sexuelles avec moi car elle avait un petit ami. Je l'ai caressée et lui ai donné des bisous. Elle a finalement accepté mais a précisé qu'elle était vierge. On a essayé. C'était douloureux pour elle. J'ai arrêté", a-t-il expliqué à l'audience, livrant ainsi une toute nouvelle version.

Car, selon les dépositions des deux jeunes femmes le lendemain des faits, il est apparu que la victime était apeurée, tremblante et sans sous-vêtements quand elle a quitté la caravane du prévenu. Elle a d'ailleurs livré un récit que le parquet n'hésitera pas à qualifier de "viol crapuleux".

Après s'être douché, le prévenu a effectivement rejoint la jeune femme dans le lit. Il lui a arraché vêtements et sous-vêtements, lui a attaché les mains et l'a forcée à une relation sexuelle non-consentie, du sperme ayant été recueilli dans la culotte de la victime.

Le parquet estime dès lors les préventions de viol et d'attentats à la pudeur avec séquestration établies sur base des déclarations des victimes et des différents rapports qui accréditent les dires des deux jeunes femmes. Il réclame cinq ans ferme.

La défense sollicite l'acquittement contestant cette absence de consentement ainsi que les conclusions du gynécologue qui ne permettent pas de réfuter les explications de son client.

Le jugement sera prononcé le 9 octobre.