Un quinquagénaire verviétois a été condamné, vendredi, par le tribunal correctionnel de Verviers à une peine de cinq ans de prison, dont quatre avec sursis. Il comparaissait pour une tentative d'assassinat, commise le 16 septembre 2020, dans un hangar lui appartenant et situé à Verviers. L'homme était accusé d'avoir tiré au moyen d'une carabine à plombs sur son épouse. Un témoin de la scène avait retrouvé la victime blessée et ensanglantée dans la rue. Elle présentait deux plaies au niveau de chaque épaule et un plomb était logé dans chacune d'elles. L'un des projectiles avait aussi frôlé un poumon.

Le prévenu avait prétexté devoir charger une caisse située dans le hangar pour amener sa compagne à cet endroit. C'est alors qu'il avait pris une carabine à plombs, qu'il avait achetée dix jours plus tôt et avec laquelle il tirait sur des bouteilles en plastique pour se défouler, selon les termes qu'il avait employés.

L'arme était située dans un coffre qu'il avait lui-même fabriqué et auquel il avait accès grâce à une clé qu'il conservait sur son trousseau. Après s'en être saisi, le quinquagénaire avait tiré à quatre reprises sur son épouse.

Pour le ministère public, ces éléments attestent de la préparation des faits, et donc de la préméditation. C'est pour cette raison que le prévenu devait répondre de tentative d'assassinat. La défense contestait, elle, l'intention homicide et la préméditation. Elle avait relevé que l'arme utilisée était en vente libre, que l'homme avait tiré tous azimuts dans un moment de débordement émotionnel et que si ce dernier avait eu l'intention de tuer sa femme, il aurait utilisé des plombs perforants qu'il avait à sa disposition.

Lors de la précédente audience, le prévenu avait d'ailleurs expliqué qu'il ne voulait pas tuer sa femme, qu'il avait saisi l'arme pour lui faire peur et qu'il avait tiré à côté d'elle sans viser. Il avait souligné les tensions qui existaient au sein de couple et la jalousie de son épouse, qui était souvent ivre. La défense avait d'ailleurs insisté sur la situation difficile du couple et sollicité une requalification des faits en coups et blessures volontaires.

Si le tribunal a finalement estimé que toutes les préventions sont établies, en ce compris la tentative d'assassinat, il s'est montré clément envers le prévenu qu'il a condamné à cinq ans de prison, dont quatre avec sursis probatoire.