Interrogée par nos soins sur la décision prise ce jeudi par la commission de vigilance nationale du PS de l'exclure du parti, la bourgmestre de Verviers Muriel Targnion se dit "soulagée, et encore plus qu'hier, de ne plus faire partie de ce parti qui a choisi la particratie plutôt que la démocratie et le communautarisme" (son adversaire Hasan Aydin fait partie de la communauté des belges d'origine turque).  Elle va même plus loin en parlant d'un "droit des femmes bafoué", en justifiant que si une motion avait été à l'époque déposée, la raison principale était que le président de CPAS Hasan Aydin avait insulté l'échevine Sophie Lambert "en sa qualité de femme" lors d'un collège. D'autres faits s'y ajoutant, "on était arrivé à un point de non retour qui fait qu'on ne pouvait plus continuer avec lui". "J'ai expliqué ce fait que le PS a occulté". Pour elle, en prenant la décision de l'exclure, première en termes de voix, tandis que Hasan Aydin (deuxième score) "ne sera jamais choisi comme bourgmestre" pour toute éventuelle future majorité, "le PS a tué le PS à Verviers".

Elle reconnaît avoir désobéi en poursuivant la signature d'une motion de méfiance collective contre le collège alors que l'Union socialiste communale (USC) et la Fédération verviétoise du PS étaient sous tutelle, mais la bourgmestre s'attendait à un blâme plutôt qu'une exclusion qui est selon elle "disproportionnée".

Elle entend malgré tout poursuivre son travail en tant que bourgmestre même si, "c'est sûr, l'avenir sera très compliqué". Elle appelle d'ailleurs le CDH pour constituer une majorité stable. "Je ne suis pas dupe, il faudra parier qu'une motion de méfiance viendra défaire le collège actuel et remettre en question ma place de bourgmestre. C'est la réalité politique."