Le tribunal correctionnel de Verviers s'est penché mardi sur un dossier de faux, usages de faux et escroqueries, commis au préjudice de magasins de bricolage. Cinq personnes étaient citées à comparaître dans le cadre de ce dossier. Les deux prévenus principaux, en détention préventive, étaient présents.

Les faits ont majoritairement été commis en 2019. Il est reproché aux protagonistes présents, d'avoir effectué de faux bons de commande puis de s'être rendus dans divers magasins de bricolage afin de se faire remettre la marchandise qui devait être payée par la suite. Les prévenus, qui se faisaient passer pour des entreprises existantes n'avaient aucunement l'intention d'honorer les factures. La marchandise était, elle revendue. Le préjudice total dépasse les 4.000 euros, a indiqué le substitut du procureur du Roi qui a réclamé des peines allant de 18 à 20 mois de prison pour quatre prévenus.

Une prévenue a reconnu les faits et a expliqué avoir agi de la sorte alors qu'elle rencontrait différents problèmes familiaux. "Je travaillais dans l'horeca. J'ai perdu ma maman et j'ai sombré dans la drogue et l'alcool. C'est à ce moment-là que j'ai rencontré un ami de mon compagnon de l'époque. Ce monsieur s'est montré très bienveillant avec moi et m'a rendu quelques services. C'est aussi avec lui que j'ai commencé à consommer de la cocaïne", a raconté la jeune femme. C'est pour pouvoir subvenir à leur consommation que les premiers faits ont été commis. Les matériaux de construction étaient particulièrement prisés. Ils ont notamment dérobé des outils, un double échafaudage, une bétonnière,?.

Si la jeune femme indique avoir presque toujours agi avec l'autre prévenu principal, ce dernier nie une partie des préventions mises à sa charge et notamment un vol avec effraction commis chez son ancien patron. Alors que des objets volés ont été retrouvés à son domicile, il nie être impliqué. Il explique que la prévenue aurait vendu une télévision volée à son fils?

Des explications qui n'ont pas convaincu le ministère public qui a réclamé des peines de 20 et 18 mois de prison à l'encontre des deux suspects principaux. Pour la jeune femme, qui a fait preuve d'une grande sincérité qui s'est montrée soulagée lors de son interpellation, le ministère public s'est dit favorable à du sursis probatoire pour ce qui dépasse la détention préventive. Pour son complice, il a réclamé 20 mois d'emprisonnement avec un sursis probatoire pour la moitié.

Pour les deux autres suspects, il a réclamé 18 mois de prison, avec sursis probatoire pour l'un d'eux. Du côté des avocats de la défense, on a plaidé, à titre principal, en faveur de la suspension probatoire.

Jugement attendu le 8 juin.