Le tribunal a stigmatisé la gravité des faits.

Le tribunal correctionnel de Verviers a condamné mercredi un homme de 74 ans, résidant au Portugal, à six mois de prison et à 4.000 euros d'amende avec sursis pour avoir profité de la situation de vulnérabilité de ses locataires en mettant à leur disposition, dans l'intention de réaliser des profits anormaux, des appartements dont l'état était incompatible avec la dignité humaine. Le prévenu, dès lors considéré comme un marchand de sommeil bien qu'il s'en soit défendu, avait appelé la police en mars 2017 afin de faire constater, dans un immeuble de la rue Fonds des Tawes, des dégradations à la porte d'un ancien atelier attenant à l'habitation.

Les policiers intervenus avaient fait remarquer au septuagénaire l'état déplorable de l'habitation, état qu'il imputait aux locataires. Or, selon le PV dressé, il était apparu que les branchements électriques étaient vétustes tout comme les sanitaires et les châssis. Des toilettes étaient inutilisables. Les locataires ne disposaient par ailleurs pas d'eau chaude voire de chauffage dans certaines pièces. Quant au toit, il était en mauvais état et des infiltrations d'eaux usées du premier vers le rez-de-chaussée avaient été constatées.

Il réclamait pour les deux appartements de cet immeuble des loyers de 450 et 475 euros et se défendait d'abuser de la faiblesse de ses locataires et de tirer un profit anormal de son loyer. Il avait expliqué qu'il faisait toujours des travaux avant de les remettre en location, ce qui est contredit par certaines victimes.

Il avançait une tempête pour expliquer l'état de son toit mais l'enquête a fait apparaître une absence de réaction et d'investissement concernant une série de problèmes, comme la fuite d'eau, rendant l'immeuble inhabitable et donc incompatible avec la dignité humaine.

Le tribunal a d'ailleurs stigmatisé la gravité des faits et les conséquences sur la vie des locataires et leur santé, les locataires bénéficiant de petites pensions ou d'allocation sociales et se rendant compte de la disproportion entre leur loyer et l'état du bien.

Au civil, il devra s'acquitter d'une somme forfaitaire de 500 euros au bénéfice de deux des sept parties civiles.