C’est lundi prochain que sera présentée au conseil communal la motion de lutte contre les discriminations au Logement. Une démarche qui s’inscrit dans le cadre d’un projet pilote initié par l’échevinat du Logement et de l’Egalité des Chances de la Ville de Verviers.

"Le droit au logement est reconnu comme le premier des droits, celui qui ouvre tous les autres. Malheureusement, l’accès au logement pour tous n’est pas toujours une réalité. Dans la pratique, il subsiste de nombreuses formes de discriminations. Qu’elles soient liées aux revenus, à un handicap, au genre ou à l’orientation sexuelle, à l’origine mais aussi à la composition du ménage, ces pratiques ne peuvent être tolérées", commente l'échevine du Logement et de l'Egalité des chances Sophie Lambert.

Dans sa déclaration de politique régionale 2019-2024, le Gouvernement wallon évoquait l’adoption d’un plan de lutte contre les discriminations dans l’accès au logement.

A Verviers, c’est en date du 27 mai 2019 que le conseil communal adoptait la déclaration de politique communale du logement visant à assainir et réguler l’offre locative en vue d’assurer à tous "un logement digne et décent".

Dans cette optique, l’échevinat du Logement et de l’Egalité des Chance a formé un groupe de travail collaboratif composé des services communaux du logement et de l’Egalité des Chances, d’Unia (ex-centre interfédéral pour l’égalité des chances et le lutte contre le racisme) et du CRVI (Centre Régional de Verviers pour l’Intégration).

Ville pilote

Il a alors été décidé de solliciter le soutien de la Région wallonne en vue de faire de Verviers une Ville pilote pour lancer une recherche-action contre ces pratiques discriminatoires sur le marché locatif privé. "Celle-ci visera à activer, avec le concours du CRVI, des contrôles mystères auprès des propriétaires-bailleurs et des agences immobilières", indique Sophie Lambert.

Cette recherche action sera menée avec le soutien méthodologique d’un partenaire universitaire. Elle prendra la forme d’un testing dit « académique », réalisé à large échelle sur base de profils fictifs, "en ciblant éventuellement certains critères spécifiques comme l’appartenance ethnique et/ou le fait de bénéficier d’une allocation (chômage, intégration…)".

Dans un second temps, poursuit l'échevin, "en fonction des points d’attention dégagés, une communication et des formations circonstanciées seront élaborées à l’égard de ces acteurs pour les sensibiliser à leurs droits et devoirs. Le cas échéant, en cas de discrimination avérée, des dossiers pourront être transférés à Unia qui prendra les initiatives qu’il juge nécessaires sur base de sa compétence légale".

Enfin, ces étapes pourront être utilement complétées dans le futur par des actions à l’attention des locataires afin de rappeler qu’eux aussi ont des droits mais également des devoirs.