Ce dimanche, il semble que les services d’urgence du 112 étaient relativement frileux à envoyer les pompiers sur les lieux d’incidents et la météo n’était pas en cause.

En cause : les nouvelles procédures standardisées "qui ne seraient pas en phase avec les réalités du terrain", selon Dominique Bultot, président de l’ASBL du Château de Reinhardstein, à Ovifat, dans la commune de Waimes.

Il nous est revenu que deux personnes avaient fait appel au 112 en demandant une intervention urgente des pompiers de la région de Waimes.

Les réponses qui leur ont été données peuvent étonner. Ainsi, dans le courant de l’après-midi, Dominique Bultot a été averti qu’un homme venait de se briser la malléole dans les bois escarpés situés à proximité du château. "Il était à moins de 100 mètres des bureaux", indique Dominique Bultot. "J’ai directement fait appel à un pompier de la région, mais il lui est interdit d’intervenir", poursuit le président. "J’ai alors appelé le 112 en spécifiant que l’intervention des pompiers était nécessaire étant donné la configuration des lieux, mais aussi les conditions climatiques spécifiques à notre région."

L’homme a bien indiqué que l’endroit était très difficilement accessible. "Il m’a été répondu que les ambulanciers du Pit de Malmedy allaient d’abord venir sur place pour juger du cas et de la nécessité de faire intervenir les pompiers."

Bilan : l’ambulance, qui n’était pas équipée de chaînes, n’a pas réussi à monter la route qui mène au château et a ensuite bloqué les pompiers qui ont été appelés par la suite !

"Cinq costauds ont fini par prendre une table du château pour remonter tant bien que mal la victime dans un endroit chauffé… Entre le premier appel et l’intervention des pompiers, il a fallu plus de 50 minutes."

Un peu plus tard dans l’après-midi, Marie-Claire, une riveraine dont la maison se situe à 100 mètres de la caserne des pompiers de Waimes, a entendu un grand bruit dans son jardin. "Lorsque je suis sortie, j’ai vu que deux grands arbres du jardin voisin venaient de tomber en direction de ma maison", explique-t-elle. "J’ai vu qu’une maisonnette les retenait mais je ne savais pas combien de temps tout cela allait tenir avant d’endommager mon toit", poursuit Marie-Claire qui a posté une photo sur Facebook. "Au départ, je n’avais pas trop peur, mais lorsque j’ai téléphoné au 112, on m’a dit que si les arbres ne menaçaient que ma maison, on ne ferait pas venir les pompiers !"

Ignorant quelle direction les arbres risquaient de prendre en cas de chute, l’opérateur a fini par envoyer les pompiers de Waimes sur place. "On ne leur avait pas signalé qu’il fallait une échelle ou un élévateur. Donc, des renforts ont ensuite dû être appelés."

Dans les deux cas, les procédures standardisées ont été suivies à la lettre. "Je me demande si les procédures sont toujours bien adaptées aux conditions de terrain", conclut Dominique Bultot.

Sarah Rasujew