Michaël Neerdael, 35 ans, a comparu devant le tribunal correctionnel de Liège pour avoir une nouvelle fois escroqué des personnes en leur faisant miroiter des rendements de vingt-cinq pour cent en investissant dans des paris sportifs. L’intéressé est poursuivi pour faux, usages de faux, abus de confiance, escroqueries, détournements, blanchiment d’argent et organisation d’insolvabilité 

L’homme s’est fait connaître dans la région liégeoise après avoir prétendu qu’il comptait racheter le Standard de Liège. En réalité, il a réussi à détourner plusieurs millions d'euros ! Il a écopé de trente mois de prison avec sursis pour un tiers, mais aussi des confiscations pour plus d’un million d’euro à la suite de ces faits. Il avait déjà écopé d'un an de prison avec sursis pour d'autres faits. 

Précédemment, il a proposé d’investir de l’argent dans des projets immobiliers, des mines d’or en Afrique, des diamants, des reprises de fonds de commerce en difficultés ou des procédés miracles pour réparer les routes. Un projet qui n’a, comme tout automobiliste wallon peut le constater, pas encore permis d’améliorer l’état des routes. Il promettait des rendements alléchants. Il a aussi proposé à plusieurs personnes d’investir dans un prétendu projet immobilier à Marchin. Des personnes ont versé des fonds et le Wanzois a prétexté un problème de permis d’urbanisme pour faire patienter les investisseurs. Au début, les investisseurs étaient ravis puisque les premières traites arrivaient. 

Mais cet argent provenait d’autres investisseurs. Très vite, les personnes déchantaient de ne pas récupérer leur mise. C’est alors qu’il leur proposait un nouvel investissement. Certains ont accepté ! Il a même réussi à se faire verser un million d’euros par une société de prêts située à Waremme. Cette fois, une personne lui a versé 200 000 euros en espérant un rendement de 25 pour cent. “Elle m’a fait un versement de 200 000 euros et je n’ai pas remboursé aux dates prévues”, a indiqué le prévenu.”Elle a vu les articles dans la presse et elle a pris peur. Je suis black-listé de partout, merci à la presse.” Michaël Neerdael a expliqué qu’il avait été victime de menaces à la suite de ces faits. “J’ai arrêté de rembourser après les menaces. Il n’était pas possible de négocier. Je me suis fait enlever en juin 2019.” Le prévenu doit également répondre d’avoir mis un homme de paille à la tête d’une société, d’avoir falsifié des mails de banquiers et transféré un mail d’un juge pour réaliser une convention. La compagne et la soeur de l’intéressé sont poursuivies à ses côtés pour avoir ouvert des comptes à son nom et de lui avoir permis d’organiser son insolvabilité. “On dit que j’ai organisé mon insolvabilité, mais je n’ai jamais quitté le territoire. Si j’avais voulu gérer mon insolvabilité, je suis assez malin pour partir. J’ai fait des bêtises, je les assume. De là à dire que j’ai volontairement organisé mon insolvabilité, c’est faux. Je n’avais pas le choix.” 

Le prévenu qui a dans un premier temps déclaré vivre aux crochets de sa compagne et ses proches a ensuite déclaré à l’audience qu’il gagnait entre 1 500 et 2 000 euros en pariant tous les mois. Il a aussi fait état du fait qu’il était à la tête d’une société anglaise dans le but d’écrire un livre sur son histoire. La principale partie civile a demandé le remboursement de son dommage par Michaël Neerdael, mais également par les personnes qui sont poursuivies à ses côtés pour l’avoir aidé à organiser son insolvabilité. Le réquisitoire et les plaidoiries des avocats des prévenus ont été remises à une date ultérieure.