Le parquet de Liège a requis une peine de six mois de prison devant le tribunal correctionnel de Liège sans s’opposer à un sursis probatoire avec un suivi psychologiqueà l’encontre d’un policier qui a téléchargé des images pédo-pornographiques. Le 27 mars 2018, un service spécialisé situé aux USA a communiqué aux autorités belges une série de personnes qui s’étaient connectées à des sites présentant des images pédo-pornographiques. Le service a renseigné les adresses IP des utilisateurs qui ont consulté les sites. L’enquête a permis d’établir que l’ordinateur qui s’était connecté appartenait à un policier fédéral domicilié à Waremme. Une perquisition a été réalisée au domicile du suspect. Le matériel informatique et le téléphone de l’homme ont été saisis puis ensuite analysés. Il est apparu que le suspect avait téléchargé des images pornographiques au départ de son téléphone, mais également à caractère pédo-pornographique depuis son ordinateur.

Pour ce faire, il a surfé sur le darkweb, une partie d’Internet dans laquelle on peut trouver toute une série de choses interdites. L’homme a fait des recherches spécifiques, mais de manière ponctuelle. Entendu, le suspect a directement admis les faits. Il a déclaré qu’il avait commis ce type de consultations par curiosité “malsaine.” Au départ, il était aussi soupçonné d’avoir diffusé des images, mais l’enquête a permis de déterminer qu’il n’en n’était rien. L’inspecteur a rencontré un expert psychologue. Ce dernier a déterminé qu’il ne souffrait pas de tendances pédophiles. Il a relevé une curiosité chez l'intéressé. “Je ne suis pas pédophile”, a indiqué le policier devant le tribunal. “Je me sens mal de tout ce qu’ils font aux enfants. C’était pas curiosité malsaine. J’ai joué carte sur table, je ne sais pas comment je peux prouver que je n’ai pas de déviance.

Le parquet a rappelé que ce type de documents existent parce qu’il y a une demande. Le fait de consulter, même par curiosité, provoque de nouveaux abus. De plus, pour faire ce genre de photos et de vidéos, des enfants ont réellement été abusés. Le parquet a également rappelé que le fait que le prévenu soit policier entraine que le code pénal impose que les peines soient doublées pour ce genre de comportements. Me De Samblanx a estimé que le fait de comparaitre devant un tribunal en audience publique faisait également partie de la sanction. Il a plaidé une suspension du prononcé pour permettre à son client de pouvoir garder un extrait de judiciaire vierge. Le tribunal rendra sa décision en janvier.