Exposition des enfants aux métaux lourds des sols : appel aux candidats en Lorraine belge

L’ISSeP recrute 100 enfants de 6 à 11 ans résidant depuis au moins 3 ans dans la zone ciblée par l’étude.

N.L.
L'appel est lancé dans douze communes de la Lorraine belge.
L'appel est lancé dans douze communes de la Lorraine belge. ©DR

L’Institut Scientifique de Service Public (ISSeP) cherche des parents qui accepteraient de participer, avec leur(s) enfant(s) de 6 à 11 ans, à une étude épidémiologique visant à mesurer les concentrations en métaux lourds dans les urines et à quantifier leurs teneurs dans les sols sur lesquels ces enfants résident.

” Nous sollicitons les parents des enfants qui résident principalement sur les communes de Saint Léger, Meix-le-Tige, Mussy-la-ville, Willancourt, Rachecourt, Battincourt, Aix-sur-Cloie, Aubange, Halanzy, Musson, Baranzy, Signeulx, indique l’ISSeP. Les métaux lourds sont présents dans notre alimentation et dans notre environnement. Si certains sont des oligo-éléments essentiels, comme le zinc ou le cuivre, d’autres en revanche, de par leur toxicité élevée, leur persistance et leur transfert dans la chaîne alimentaire, peuvent poser des risques sur la santé d’une partie de la population, il s’agit du plomb, du cadmium et de l’arsenic.”

L’objectif de l’étude Biosol, menée par l’ISSeP est de comprendre le lien entre la présence des métaux lourds dans le sol et l’exposition des enfants à ces substances. Les données obtenues via ce bio monitoring et via les analyses de sol vont permettre de déterminer l’influence de la zone de résidence et/ou de certains comportements sur la présence de substances dans le corps des enfants.

Les teneurs en ces éléments dans les sols wallons sont très hétérogènes. Les plus basses sont rencontrées principalement dans les sols de Hesbaye tandis que les plus élevées se mesurent dans le sillon industriel, siège d’intenses activités métallurgiques aujourd’hui révolues. On en trouve aussi encore en Lorraine belge où se rencontrent des enrichissements naturels en arsenic et en nickel, causés par la présence de formations géologiques particulières exploitées pour le fer.

Cette présence entraîne pour les populations des expositions principalement directes, par l’ingestion de poussières des sols mais aussi indirectes via la consommation de végétaux (fruits ou légumes) produits sur ces sols contaminés.

Les connaissances lacunaires ne nous permettent pas, à l’heure actuelle, de trouver des solutions durables pour la gestion des sols contaminés, ni pour la prévention de ce problème de santé environnementale et donc la protection des populations. Obtenir de nouvelles données scientifiques est donc nécessaire dans le contexte particulier de la Wallonie.

Le projet Biosol lancé par l’ISSeP, en partenariat avec des laboratoires universitaires de sciences du Sol et de toxicologie, vise à répondre à ce besoin en analysant des biomarqueurs d’exposition dans les urines des enfants de 6-11 ans résidant dans trois zones d’études contrastées. Les échantillons d’urine seront effectués à domicile par les participants. Un questionnaire sera également rempli.

Les enfants sont principalement visés car ils ont des comportements et des caractéristiques physiologiques qui favorisent une exposition plus grande. Ce sont également eux qui sont le plus à risque vis-à-vis de potentiels effets négatifs sur leur santé, en particulier pour le plomb.

Pour améliorer les connaissances scientifiques et contribuer à une meilleure gestion des risques sur la santé que peuvent causer les sols contaminés, l’ISSeP fait appel à la population des 12 communes de Lorraine belge. Afin d’obtenir des résultats scientifiquement valides, l’objectif est de recruter 100 enfants âgés de 6-11 ans résidants depuis au moins 3 ans dans les zones ciblées par l’étude.

La participation à l’étude Biosol est entièrement gratuite. Infos et inscriptions : https://www.issep.be/biosol/

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