Un ouvrier s’est retrouvé piégé sous un transtockeur : parties civiles et auditorat déplorent le manque de prévoyance de l’entreprise.

Le 9 avril 2018, un ouvrier employé au sein de la société Burgo Ardennes perdait la vie dans un accident de travail sur le site de l’entreprise. Xavier Debreux effectuait des réglages au niveau d’un transtockeur, un appareil permettant de transporter les gros colis, quand le chariot mobile manœuvré par l’un de ses collègues s’est écrasée sur sa tête. Grièvement blessé, la victime est décédée trois jours plus tard à l’hôpital. 

L’usine de papier est aujourd’hui poursuivie devant le tribunal du travail de Marche pour homicide involontaire par défaut de prévoyance et de précaution. « En commande manuelle, le transtockeur est conçu de sorte à ce que la cabine descende en vitesse rapide jusqu’à 1m90 du sol, pour ensuite descendre en vitesse lente » rappelle Anne De Bie, l’avocat de la famille de Xavier Debreux, constituée partie civile. « Quand la vitesse lente s’est enclenchée, le collègue de la victime a laissé le bouton enfoncé 3 secondes encore. Ce sont ces 3 secondes-là qui font que la victime a été écrasée. » D’après la partie civile et l’auditorat du travail, l’équipement ne permettait pas à l’ouvrier aux commandes de s’assurer que personne ne se trouvait sous la cabine. « Le transtockeur n’est pas aménagé de sorte à réduire les risques comme le prévoit le code du bien-être au travail », souligne Anne De Bie. « La personne au commande n’a aucun moyen pour vérifier si quelqu’un se trouve en dessous, que ce soit en termes de visibilité ou d’ouïe. » 

La partie civile fustige également la « suffisance » de la société dans le cadre du dossier. « Malgré cet accident mortel, l’employeur continue de prétendre que l’équipement prévu par la réglementation n’est pas nécessaire. On vente la faculté d’adaptation de Burgo Ardennes. Mais il ne faut pas attendre qu’un accident se produise pour s’adapter. » Du côté de la défense, on rappelle que c’est la victime qui a donné les instructions à son collègue, alors qu’elle se trouvait sous la machine. L’avocat sollicite l’acquittement. L’auditorat du travail requiert 80.000€ d’amende. À noter que Burgo Ardennes est également poursuivi pour deux autres accidents du travail. Jugement le 20 mars.