Luxembourg

Levée de bouclier dans le milieu de l’accueil de la petite enfance. 

Des professionnels issus des quatre coins de la Fédération Wallonie-Bruxelles se mobilisent en réponse à la vaste réforme visant à réviser le fonctionnement du secteur. Une réforme qui impacterait de nombreuses crèches et accueillantes autonomes. En province du Luxembourg également. Émilie Sovet, accueillante indépendante à Chéoux (Rendeux), fait partie des professionnelles concernées. « Nous avons fondé l’ASBL Femape, pour Fédération des milieux d’accueil de la petite enfance », explique-t-elle. « L’objectif est d’améliorer une réforme certes nécessaire, mais imparfaite. Nous voulons sauvegarder nos libertés individuelles : celle de choisir nos collaborateurs et d’entreprendre, tout en offrant le libre choix aux parents. » 

Comme ses confrères, la jeune femme craint que la réforme ne la freine dans son activité. « Je travaille avec deux autres indépendantes au sein d’une maison d’enfants de 11 places. Le nouveau décret nous demande de nous mettre en ASBL. Très concrètement, cela signifie qu’à partir de 2020, je ne pourrai plus travailler avec des indépendantes. Or, engager du personnel est financièrement impossible pour moi. J’ai fait le compte : il faudrait que j’augmente mes tarifs de 200€ par mois par enfant. Sans parler des investissements à réaliser dans de nouveaux locaux et du nouveau matériel. Passer en ASBL signifie aussi qu’il faut constituer un Conseil d’Administration et nommer une directrice. Or, mon diplôme d’éducatrice ne me permettrait même pas d’être directrice de ma propre structure. On a promis des dérogations pour les structures en place, mais on ne les voit toujours pas venir. » La Femape travaille en collaboration avec le Syndicat Neutre des Indépendants. L’association analyse actuellement l’opportunité d’introduire un recours devant le Conseil d’État.