Le prévenu en veut visiblement aux policiers de la Zone de police de Gaume.

Alex (prénom d’emprunt) habite aujourd’hui à Izel, non loin de Chiny. A 41 ans, il est gay et marié avec un homme. Un jour, il a eu maille à partir (déjà) avec les forces de l’ordre lorsque son compagnon avait été arrêté, selon-lui, de façon peu aimable par le policier ayant procédé à l’intervention. "J’avais juste dit à ce policier qu’il fallait parler autrement aux gens, quand on représente la loi", admet-il ce lundi devant la juge Brilot. 

Ce qu’on lui reproche ? Plusieurs infractions (outrages) commises envers d’autres policiers de la zone de Police de Gaume. Et notamment une vive altercation avec un policier, survenue en juillet 2018, au terrain de football de Saint-Mard. La juge Brilot rappelle les faits. "Vous êtes donc poursuivi pour rébellion. Vous avez été plaqué au sol car vous menaciez ce policier, présent au stade. Ses collègues sont arrivés et vous n’avez pas obtempéré aux injonctions", dit-elle. 

Ce à quoi le prévenu réplique. "Non, c’est faux. Ce n’est pas moi. Ils m’ont sauté dessus et me tenaient les bras. Comment pouvais-je faire pour obtempérer? Les faits ne se sont pas passés comme vous le dites. Je regardais le match. Mon copain m’a dit que le policier me fixait depuis un quart d’heure. Je me suis donc approché de lui pour lui demander ce qu’il avait à me regarder s’il y avait un problème avec moi. Une grille nous séparait. Il m’a répondu que je n’avais qu’à la franchir pour connaître l’explication", précise Alex. 

La suite est connue. Alex enjambe la petite grille et se retrouve en face du policier. Les esprits s’échauffent et notre homme finit la journée au commissariat. Il faut savoir qu’Alex a déjà eu maille à partir avec les "flics", du coin, qu’il dit, dont notamment ce policier. Il a beau minimiser ses propos, ses déclarations faites lors de son arrestation sont suffisantes pour la juge Brilot. "Vous avez dit à un inspecteur que si vous croisiez encore ce policier, vous lui décolleriez la tête. Et d’autres menaces verbales du genre, guère jolies à entendre", rappelle la juge. Me Soblet, son avocat, a ensuite jeté un pavé dans la mare. "Je rappelle que suite à l’intervention des policiers sur mon client, nous avons déposé une plainte. Le comité P (la police des polices) a d’ailleurs enquêté sur le policier en question. Avant de poursuivre ces débats, je souhaite savoir s’il est possible d’ajouter cet élément dans l’affaire qui nous concerne", explique-t-il. 

On en restera là pour ce lundi. Le tribunal se penchera à nouveau sur ce cas le mois prochain.