Mieux comprendre le sans-abrisme et l’absence de chez-soi pour aboutir à des solutions plus efficaces. Tel est l’objectif du grand dénombrement mené fin octobre à l’initiative de la Fondation Roi Baudouin et des universités de Leuven et Liège avec l’appui des administrations locales, du Service de lutte contre la pauvreté et de nombreuses organisations de terrain. Parmi les villes participantes, Arlon. Le dénombrement d’octobre dernier a permis de recenser quelque 218 personnes sans abris et/ou privées de chez-soi, dont 69 enfants.

"Le sans-abrisme n’est pas un phénomène réservé aux grandes villes", souligne Alain Deworme, président du CPAS d’Arlon. "Il existe partout, y compris dans les zones plus rurales comme la nôtre." Une réalité moins visible qu’il n’y parait. Sur ces 218 personnes, seules 3 logeaient dans la rue. Les autres vivaient pour la plupart en foyer d’hébergement (61 adultes et 63 enfants), chez des parents/amis (40 adultes, 3 enfants), dans des lieux non conventionnels (tente, garage…), des hébergements d’urgences, des institutions ou encore sous le coup d’une menace d’expulsion.

"L’intérêt d’un tel dénombrement est qu’il permet d’objectiver un phénomène qui n’était jusqu’alors connu que de manière empirique", poursuit le président du CPAS. On en apprend ainsi beaucoup sur le profil des personnes concernées, des hommes pour la plupart (70 %). Il ressort de l’enquête qu’un sans-abri sur quatre a fréquenté une institution psychiatrique ou dans le cadre d’une cure. "D’où la nécessité d’intensifier notre partenariat avec Solaix, qui regroupe des professionnels spécialisés dans les problèmes d’addictions."

Toutes ces données doivent être interprétées à l’aune de certaines spécificités arlonaises. Comme la pression immobilière liée à la frontière grand-ducale, l’existence de nombreux logements de transit, ou encore la présence du seul abri de nuit de la province. "La présence d’un abri de nuit a tendance à faire gonfler les chiffres", poursuit le président du CPAS. "On n’abrite pas seulement des Arlonais, mais aussi des gens en provenance de toute la province, voire au-delà."

N.P.