Luxembourg La mosquée d’Arlon n’a pu contenir tous les fidèles à l’intérieur durant la dernière prière du vendredi.

Le ramadan a démarré la semaine dernière et à Arlon, l’AMA (Association des Musulmans d’Arlon) tire la sonnette d’alarme. "En plein ramadan, la mosquée d’Arlon n’a pas pu contenir tous les fidèles durant la prière du vendredi. On a du ouvrir le sous-sol. Dans des conditions de plus en plus difficiles, les Arlonais de confession musulmane continuent à se serrer, à prier dans le couloir, devant les toilettes, dans les caves… pour éviter de prier à l’extérieur", écrit Mohamed Bouezmarni, un responsable de la mosquée.

Une situation embarrassante qui interpelle. La Communauté musulmane fréquentant la mosquée est, ramadan oblige, beaucoup plus importante ces dernières semaines. "La mosquée n’est pas grande. La situation risque de se reproduire ce vendredi. Nous avons déjà annoncé que les gens qui ne pourront pas avoir de la place à l’intérieur devront aller prier dans le jardin. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour empêcher les fidèles d’aller prier dans la rue. Croyez-moi, certains fidèles veulent y aller. On fait de notre mieux pour éviter que pareille situation ne se produise."

On attend effectivement entre 120 et 150 fidèles ce vendredi. Un nombre bien trop important par rapport à l’endroit de prière. "On est vraiment désolé si cette situation devait se produire. Ce n’est pas de la provocation. Nous sommes les premiers embêtés. Cela fait des années que nous sommes dans notre coin et que tout se passe bien. Les relations avec le voisinage et les autorités communales sont excellentes. Les gens doivent quand même savoir que nos conditions d’accueil ne sont pas adaptées. Et ce problème n’est pas neuf", ajoute-t-il.

Les années précédentes, la commune proposait à l’AMA d’occuper le hall polyvalent durant le ramadan. Cette année, ce hall était indisponible les deux premières semaines (la semaine passée et celle en cours). Les deux derniers vendredis du ramadan, les fidèles pourront retrouver ledit hall.

"Après le ramadan, nous aurons un peu moins de monde lors des prières mais le problème sera identique. Après des années de promesses, je pense qu’il est temps pour les autorités compétentes (NdlR : la Province) de nous aider à améliorer nos conditions d’accueil. Nous ne cherchons pas la polémique. On parle ici d’une question qui va bien au-delà d’Arlon : le vivre-ensemble", conclut-il.

La commune ne peut pas intervenir car l’AMA n’est pas encore reconnue comme culte officiel par la Province. Dès lors, seule la question liée à la sécurité peut-être envisagée par le bourgmestre. “Nous avons introduit une demande à la Province il y a plus de cinq ans. On attend toujours une réponse concrète de leur part. On nous fait plein de promesses mais quand il s’agit d’agir, on ne voit rien. Cette situation est difficile. On pense même à fermer la mosquée”, dit-il dépité.

Ce qui ne serait pas nécessairement une bonne idée pour tout le monde. “En effet, nous avons la chance d’encadrer les différentes communautés musulmanes de la région. Il n’y a jamais eu de souci. Imaginez que demain, nous ne soyons plus là. Chacun irait de son côté. À ce moment-là, les risques pour d’éventuelles radicalisations seraient plus grands.